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Re :Belgique : Violence conjugale: quel suivi pour les auteurs? "Rien, absolument rien ne justifie la violence conjugale." !!!

Posté: Walda Colette Dubuisson  Posté le: 25/11/2016 15:22:57

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"J'ai pris 'perpet' avec cette violence que j'ai fait subir. Quand j'ai compris ce que mes victimes ont encaissé. Même si mon dossier n'a jamais été judiciarisé, même si je n'ai plus jamais aucune violence dans mes actes d'ici la fin de ma vie, tout ce mal que j'ai fait dans ma famille, ça me suivra, et j'y pense encore souvent. Même si j'ai voulu avancer et me responsabiliser".


Luc a 50 ans, il a un travail, vit en famille et pendant de nombreuses années, chez lui, il dérape. "J'étais autoritaire, je mettais la pression, je menaçais ma femme et mon fils. Et ça passait parfois par de la violence physique, des gifles à mon épouse et à mon garçon. Mais il n'y avait pas que ça. La violence elle ne se limite pas aux coups et aux faits divers marginaux dans le journal. Elle est aussi morale, psychologique, économique. Et elle concerne tous les milieux sociaux. J'ai suivi des groupes de travail thérapeutique de l'asbl Praxis, et je me suis vraiment rendu compte que ce ne sont pas que les milieux précarisés qui sont concernés par le phénomène."

Possible de s'en sortir?

Cette violence, pour Luc, elle a commencé il y a 10 ans environ. "La cause? Je ne sais pas. J'ai reçu des gifles moi-même quand j'étais petit, mais ce ne justifie rien.

C'est moi qui suis responsable de ma violence. Comment j'ai pu un jour prendre conscience de ma violence? Le dialogue a toujours pu être maintenu avec mon épouse. Après coup, je me rendais compte que je n'étais évidemment pas dans le bon, mais le cycle de la violence revenait. Après des situations où je mettais à nouveau la pression (et je le répète mais il n'y avait pas toujours des gifles dans ces situations), il y avait un comme un mécanisme.
Dans mon cas, ma femme n'a pas porté plainte. Elle a insisté, insisté sans violence pour qu'on arrive à en parler. Et j'ai accepté. Elle ne m'a pas posé d'ultimatum. Mais attention! Je suis loin de dire que la plainte à la police n'est pas une solution. Cette violence doit s'arrêter. Ma femme connaissait des instances qui pouvaient m'aider, j'ai décidé moi-même d'y aller. C'est toute l'hypocrisie de la violence conjugale, ça se passe derrière des murs, dans la sphère privée. Aux yeux de tous, j'étais quelqu'un de respectable, gentil, convivial et chez moi, je faisais souffrir ma femme et mon fils." "Ma femme aujourd'hui me dit qu'elle est fière de moi, du travail que j'ai voulu faire. Il faut prendre conscience du mal qu'on fait. Et jusqu'où ça peut aller."

On estime seulement entre 3% et 10% des victimes qui portent plainte, la démarche d'en parler et d'oser évoquer le sujet est encore très compliquée pour les victimes de ce type de violence au sein du couple. "Pourtant c'est normal qu'elles en parlent. Ce sont elle les victimes , ne le l'oublions pas".

Au Parquet de Namur, on rappelle avant tout l'interdit

"Rien, absolument rien ne justifie la violence conjugale." La pile de dossiers sur son bureau est conséquente. Hélène Mascart est la substitute du procureur du Roi de Namur en charge des plaintes pour violence conjugale et intrafamiliale. En Belgique, 45 000 plaintes au moins arrivent au parquet chaque année. Sans parler de toutes les victimes silencieuses. "La première chose, c'est que l'on rappelle avant tout l'interdit de la loi. La circulaire de 2006 est très claire dans ce sens", explique la magistrate. 2006, année de la circulaire tolérance zéro dans les parquets. Tolérance zéro, pour les auteurs, c'est quoi? La case prison, parfois. La case jugement avec une condamnation, mais pas toujours. "Ce que tout le monde veut, les victimes en première ligne, c'est que la violence s'arrête. Les victimes sont celles (et ceux) qui subissent. Les réponses judiciaires, les réponses pénales sont diverses. Cela dépend de la situation, de l'auteur, de ses antécédents. La prise en charge du dossier est graduelle. Ce qui est interpellant, c'est qu'une étude récente a démontré qu'il n'y avait de corrélation entre le fait que, plus la réaction judiciaire est sévère et intense, moins il y aura de taux de récidives. C'est même le contraire."

Le suivi en groupes de responsabilisation de l'asbl Praxis

Alors il y des solutions alternatives à la citation en justice. Dans certains cas, l'auteur va suivre un groupe de travail thérapeutique de l'asbl Praxis. " Ce sont des groupes animés par des psychologues de l'asbl mais attention il s'agit bien d'une prérogative du procureur du Roi, une décision judiciaire, avec des conditions strictes à respecter. Avec un encadrement des maisons de Justice. Des groupes à différents stades. Soit en alternative aux poursuites en médiation pénale. Soit après le jugement, en mesure probatoire. Il faut évidemment que l'auteur reconnaisse les faits, ses victimes et soit impliqué un minimum dans la démarche. Ce suivi se fait par groupe de 9 auteurs de violences du même sexe. Un suivi durant 6 mois avec une séance toutes les semaines ou le samedi" ajoute la substitute namuroise.

En quoi consiste ce travail? "Nous sommes un duo de psychologues ou criminologues, et on expose les faits des uns et des autres. Leurs histoires, leurs justifications (elle m'a poussé à bout, j'avais bu, j'ai eu des parents violents..) explique Sophie Genette, psychologue à l'asbl Praxis. "On n'est pas moralisateur, on ne juge pas. La violence, c'est leur responsabilité. C'est un choix qu'ils posent d'être violent ou non. C'est notre message, qu'ils prennent conscience de ça, des conséquences aussi. Ce sont des groupes de responsabilisation. La prise de conscience est un premier pas important. La violence n'est pas une fatalité, on peut s'en sortir."

A Namur, bientôt un groupe permanent de suivi Praxis pour les auteurs de violence conjugale

"Le travail est sur la durée et la stimulation du groupe est intéressante" ajoute Adrien Dewil, lui aussi psychologue à Praxis. "Un jour un des auteurs a dit à un autre auteur, "je comprends pourquoi tu as fait ça". L'autre s'est senti comme reconnu en tant qu'en homme. Même si évidemment, ça ne justifie rien et on n'oublie pas les douleurs des victimes. Une autre fois, un auteur a dit à un autre "j'ai peur pour toi, je m'inquiète". L'autre ne se rendait pas compte de ce qu'il faisait subir, de ses difficultés. Ça l'a aidé je pense à prendre conscience". Les groupes de suivi sont soit fermés (séances qui démarrent et qui se terminent à des dates fixes) ou des groupes ouverts, permanents, sont organisés donc dans différentes villes. A Namur, à partir de janvier, un groupe permanent sera mis en place. La durée est de 45 heures.

Et les résultats après les suivis ? "Le taux de récidive serait de 9% après une médiation pénale et le suivi Praxis alors qu'il est de 50 % après une condamnation" conclut la substitute Hélène Mascart. La participation ne doit pas être forcément liée à une décision du Parquet. Même si au moins les 3/4 des participants sont judiciarisés, l'inscription peut aussi être volontaire. C'est le cas de Luc qui a poussé la porte il y a 4 ans.

http://www.rtbf.be/
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