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 Les nouvelles quotidiennes du suivi des dossiers publiés sur le site...
Petite martyre de l'A 10 :l'enquête accablerait la mère... Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 13/12/2018 18:12
Un animal n’est pas un cadeau de Noël !!! 13/12/2018 Le cadeau de Noël ne sera pas animal cette année en Allemagne. Interdit!!! Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 13/12/2018 15:09
L'attente d'un père. Cela fait un an que Léa Petitgas a disparu. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 13/12/2018 12:34
Meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Deux témoins affirment avoir vu Francis Heaulme en sang le soir des meurtres. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 13/12/2018 12:27
Meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. 11/12/2018 : Direct. Procès Heaulme: " Il ne sortira pas de prison, ça sert à rien"..... Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 11/12/2018 15:59
L'inquiétant profil de Nordahl Lelandais ; «Je ne différenciais pas une femme d'une enfant» !!! Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 11/12/2018 15:17
Meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Direct. Procès de Francis Heaulme: Patrick Dils entendu comme témoin. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 10/12/2018 11:17
Meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Procès de Francis Heaulme : audition très attendue de Patrick Dils lundi matin. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 10/12/2018 09:51
Double meurtre de Montigny-lès-Metz: revivez le quatrième jour du procès de Francis Heaulme. Le Calvaire de Cyril Beining et Alexandre Beckrich… Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 08/12/2018 14:12
Jonathann Daval ,le principal suspect du meurtre de sa femme Alexia a avoué l'avoir tuée seul avant de transporter son corps, a annoncé le procureur. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 07/12/2018 16:42

Des victimes sans criminel !Des disparus sans nouvelles ! ( Relance)

Publié par Walda Colette Dubuisson le 13-12-2018 (6065 lectures) Articles du même auteur
13/12/2018 : Six mois après la spectaculaire interpellation des parents de la petite martyre de l'A10, l'instruction permet, semble-t-il, d'y voir un peu plus clair quant à leurs rôles respectifs dans les violences infligées à la fillette. L'enquête accablerait la mère…
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23/06/2018 : Enfant martyre de l'A10 : les conséquences du drame sur ses frères et sœurs...
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16/06/2018 : Mise en examen des parents d’Inass Touloub, la "petite martyre de l’A10" : les voisins effarés, les frères et sœurs muets. (Vidéo).
Repose enfin en paix , petite puce, que justice te soit rendue
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14/06/2018 :*** Enfin un prénom pour la petite puce "martyre de l'A10" , elle s'appelait Inass.
Ses parents mis en examen…


*** INFORMATION EUROPE 1 - 31 ans après, le mystère de "la martyre de l'A10" enfin résolu.
En août 1987, une petite fille était découverte morte en bordure de l’autoroute A10, dans le Loir-et-Cher. Ses parents viennent d’être identifiés et arrêtés. Ils doivent être mis en examen jeudi.
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12/05/2018 : Des centaines de disparitions signalées chaque année en Loire-Atlantique ( FRANCE)!!!???
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26/02/2018 : Le pénible calvaire, l’immense souffrance des parents de disparus . « Parents d'enfants disparus : comment survivre ? » (Vidéo)
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28/02/2018 : Le père de Nathalie Geijsbregts, disparue il y a 27 ans à l'âge de 9 ans, espère toujours retrouver sa fille. Pour cela, il lance un appel à témoins…
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29/12/2017 : Des parents d'enfants disparus dénoncent les carences de la justice française.
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02/12/2017 : Ces enfants français qui n'ont pas été retrouvés...
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08/09/2017 :08/09/2017 NATHALIE, Estelle, Marion, Charazed, Denise, Gevrije, Paco Molina , et nombreux autres, la liste des petits disparus internationaux est longue ... : sur la piste des enfants introuvables…
L'affaire Maëlys rappelle ces disparitions inexpliquées qui ont émaillé l'histoire des faits divers. Les techniques d'enquête ont beaucoup évolué:
*Portraits-robots et vieillissement de visages.
*L'essor de l'ADN.
*Un géoradar pour fouiller les murs.
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26/10/2017 : Yves Bert avait 6 ans quand il a disparu en 1977 à Lyon. Une disparition toujours non élucidée. Sa mère, Thérèse Deleuze, a peur de mourir sans jamais savoir ce qui lui est arrivé.
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11/08/2017 : Il y a 30 ans, la petite martyre de l’A 10 était découverte au bord de l’autoroute…
Trois décennies plus tard, on ignore toujours qui elle était et ce qui s’est passé. Le dossier reste ouvert encore aujourd'hui.
Une pensée pour ce petit ange...


Disparus ...
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FRANCE
24/07/2017 : Derrière le cas ultra-médiatique du petit Grégory, des centaines de crimes restent non élucidés. Depuis seize ans, maîtres Didier Seban et Corinne Herrmann se battent pour faire rouvrir des enquêtes dites cold cases. Et trouver enfin les coupables.
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14/04/2017 :Corinne Herrmann : «Les cold case n’existent pas si on décide de ne jamais abandonner»

INTERVIEW Spécialisée dans les affaires non élucidées, Me Corinne Herrmann défend la mère de Jonathan Vantillard, tué en 2007 à Auxonne (Côte-d'Or)
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03/09/2016 : Les "cold cases" de Corinne Herrmann
FEMMES DU MONDE - Chaque semaine, Karen Lajon, grand reporter au service Etranger du JDD, revient sur le parcours de femmes exceptionnelles ou peu ordinaires à Paris et dans le monde. Cette semaine, elle a rencontré Corinne Herrmann, avocate spécialisée dans les "cold cases", ces douloureuses affaires non élucidées.
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20/04/2016 Le 11 août 1987, des ouvriers d’entretien découvrent en bordure de la voie, entre les communes de Mer et de Blois (Loir-et-Cher), le cadavre d’une petite fille âgée d’environ 3 à 5 ans. L’enfant porte des traces de coups et de brûlures et elle est vêtue d’un peignoir bleu ciel. Il y a quatre ans, un nouvel appel à témoins a été lancé par les gendarmes pour identifier cette enfant martyrisée, et toujours sans nom.

Mais derrière ces dossiers souvent médiatisés, d’autres restent enfouis dans les archives judiciaires.

ET DE NOMBREUX AUTRES : LA LISTE EST LONGUE !!!
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FRANCE : L'heure du crime " Quand la police relance les "cold case""



http://www.sos-enfants.org/modules/news/article.php?storyid=1211



FRANCE : Mais derrière ces dossiers souvent médiatisés, d’autres restent enfouis dans les archives judiciaires. A l’exemple de celui du petit Yves Bert, 6 ans, (photo ci-contre) un blondinet aux cheveux ondulés, volatilisé le 3 février 1977 à la sortie de l’école Mazenod à Lyon (Rhône). C’était après 17 heures. Son frère aîné l’a attendu plus longtemps que d’habitude ce jour là, à l’angle de deux rues, pour rejoindre le domicile familial à portée de voix. Mais Yves n’est jamais revenu. C’était il y a trente-neuf ans. C’est sans doute le dossier judiciaire le plus ancien aujourd’hui en France. L’enquête se poursuit toujours.

Fait exceptionnel, la police judiciaire a depuis un an passé au crible 200 dossiers criminels, datant de quatre à trente ans, ces fameux «cold cases», pour en retenir 97 qui seront peut-être relancés.

Ils vont être passés au crible d'une nouvelle analyse par l'Office central de la répression de la violence aux personnes (OCRVP), un service spécialisé qui recense toutes les affaires non résolues en France. Leur objectif ? Tenter des recoupements avec d'autres affaires et vérifier que tous les indices ont pu être exploités au cours de l'enquête. L'affaire Vanessa Thiellon fait déjà partie de cette liste, et ses proches espèrent de nouveau pouvoir connaître un jour la vérité sur sa mort. A ce jour, aucune statistique n'existe sur les cold cases mais chaque année, sur les 1 200 homicides commis en moyenne en France, il en reste 50 à 75 qui résistent aux enquêteurs.

Un des rares pays à ne jamais renoncer


Dans un second temps, l'OCRVP traitera aussi les cold cases de la gendarmerie. Le service du renseignement criminel (SRC) des soldats de la loi a 340 affaires en soute, datant parfois des années 1980, et dont « 130 sont soumises à analyses régulièrement », souligne le lieutenant-colonel André Brothier. Une vingtaine d'entre elles sont toujours en phase d'enquête active, traitées le plus souvent par des cellules dédiées, comme celle consacrée à la disparition du petit Antoine à Issoire (Puy-de-Dôme) en septembre 2008.

Ces affaires non résolues jalonnent l'histoire judiciaire. La France est pourtant l'un des rares pays à ne jamais renoncer à trouver l'auteur d'un crime lorsque la procédure le permet. Il y a vingt ans, le dossier des « disparues de l'Yonne » dormait au tribunal d'Auxerre. C'est grâce au PV oublié de l'opiniâtre adjudant-chef Christian Jambert que l'enquête a fini par mener à l'arrestation du tueur en série Emile Louis en décembre 2000, plus de vingt ans après les premiers enlèvements.

« Un dossier non élucidé le reste surtout par le renoncement progressif des acteurs judiciaires. Et le dossier prend la poussière, commentent Mes Didier Seban et Corinne Herrmann, deux avocats pionniers, qui sont les conseils d'une quarantaine de familles de victimes. Les dernières techniques scientifiques de recherche d'ADN donnent de nouveaux espoirs avec l'exploitation d'anciens scellés. Autant de chances d'y découvrir de nouvelles pistes ». « Attention cependant à ne pas faire naître de faux espoirs, note un ancien procureur qui a pourtant accepté de rouvrir deux dossiers dont un prescrit. Il faut admettre que la justice peut aussi échouer. Mais c'est une vérité impossible à entendre pour les proches des victimes. »


LE MOT : «Cold case»
Le terme est devenu familier depuis la diffusion de la série américaine incarnée par Lilly Rush, inspectrice de la police criminelle de Philadelphie qui exhume des dossiers criminels classés et non résolus. Mais il n'existe à ce jour aucune définition juridique claire de ces affaires restées sans réponse judiciaire. « On peut les résumer à des dossiers criminels non prescrits sur lesquels les investigations n'ont pu aboutir immédiatement faute d'avoir pu mettre en cause formellement un auteur présumé », résume le lieutenant-colonel de gendarmerie André Brothier. Reste à définir au bout de combien de temps une affaire criminelle rejoint les rangs des cold cases. Là non plus pas de définition claire. Mais policiers et gendarmes s'accordent à dire que si, au bout de quatre ans d'investigations, rien n'a pu être obtenu dans un dossier, il porte alors le sceau « non résolu ». Pour certains magistrats, le cold case n'existe que lorsque l'affaire est classée en attente d'un élément nouveau.



« C'est un travail de titan »


Philippe Guichard, le directeur de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), explique la manière dont son équipe travaille en lien avec les services d'enquête de police et de gendarmerie.

Comment avez-vous sélectionné ces 97 dossiers ?
PHILIPPE GUICHARD. Il y a un an, à l'initiative de l'OCVRP, nous avons demandé à tous les services territoriaux de police judiciaire en France de nous faire remonter leurs dossiers criminels non résolus. Nous avons fait le choix de retenir des affaires anciennes d'au moins quatre ans, non prescrites, et dont le crime est surtout sans mobile apparent. Ces trois conditions étant réunies, sur les 200 dossiers étudiés, on en a retenu 97. Nous allons appréhender d'un œil neuf ces dossiers pour alimenter notre base informatique du logiciel Salvac (NDLR : lire ci-dessus) afin d'effectuer tous les recoupements d'informations utiles pour débloquer ces affaires.

Combien d'affaires ont déjà été traitées ?
En un an, nous en avons déjà traité un quart. La relecture d'un dossier, sa mise à plat par les enquêteurs de l'OCRVP est un travail de titan pour nourrir les critères demandés par le logiciel. Cela demande des semaines de travail à une équipe dédiée à cette mission, mais qui ne fait pas que cela. C'est une tâche rigoureuse pour donner à cet outil informatique de quoi travailler et nous guider. A l'avenir, nous traiterons aussi les affaires non résolues de la gendarmerie, car Salvac travaille pour tout le monde !

Quel est votre objectif ?

Souvent, dans un service de police, lorsque l'affaire n'est pas résolue les premiers mois, le dossier s'enlise peu à peu. Une affaire chassant l'autre. Les enquêteurs ont moins de temps pour y consacrer leurs efforts. Ici, à l'OCRVP, nous sommes une force de soutien et d'expertise pour les enquêteurs. Quand un service est dans l'impasse, nous pouvons leur proposer une relecture du dossier afin de déterminer de nouveaux axes d'enquête qui auraient pu être négligés ou occultés et ainsi ouvrir de nouvelles pistes, qui avaient pu apparaître comme secondaires au départ. Notre objectif est aussi d'apporter des idées complémentaires à nos collègues policiers ou gendarmes.

On évoque souvent des pièces oubliées dans certains des dossiers...
L'autre bénéfice de cette exploitation des dossiers, qui reste un recensement des affaires, est de s'assurer que toutes les pièces à conviction d'une affaire ont bien été exploitées scientifiquement. La science a fait de nombreuses avancées et le scellé oublié ou négligé peut révéler un indice utile. C'est la solution pour relancer des demandes d'expertises auprès des magistrats qui supervisent les enquêtes. Il s'agit d'obtenir une plus-value conséquente pour, un jour, mettre en cause un suspect présumé.


http://www.leparisien.fr/informations ... ls-20-04-2016-5729493.php

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Pour lire la suite des dossiers et voir les photos :CLIQUEZ SUR CE LIEN et ensuite sur la flèche verte pour changer de dossier


http://www.pressreader.com/similar/281547995067205

http://www.pressreader.com/france/le- ... /20160420/281547995067217

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Fillette de l’A10 : l'affaire relancée en 2012


25 ans après la découverte du corps d’une petite fille au bord de l’autoroute A10, la Gendarmerie lance un nouvel appel à témoin. Avec un nouvel indice : la petite inconnue aurait vécu autour d'Ouzouer-le-Marché.

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Mardi 11 aout 1987, deux employés de l’autoroute patrouillent sur l’A10 dans le sens Paris-Province. Au niveau de Suèvres, ils découvrent le corps mutilé d’une enfant, enroulé dans une couverture. La fillette a entre trois et quatre ans. Son corps, marqué de cicatrices, porte des traces de brûlures et de morsures. Vingt-cinq ans plus tard, on ignore toujours son prénom.


Un portrait largement diffusé
Sa disparition n’a jamais été signalée. Personne n’a recherché l’enfant. Aucun témoignage n’a jamais permis aux enquêteurs d’avancer dans cette affaire. Pourtant, dès le début des investigations, ils se montrent tenaces. Les spécialistes reconstituent le visage de la fillette, la photographient. 130 000 exemplaires de cette photo sont ensuite placardées dans les mairies, les gares, les aéroports… pour tenter de l’identifier. Ces tentatives sont restées vaines.

En 1993, les enquêteurs médiatisent l’affaire à la télévision, à une heure de grande écoute. L'appel est lancé dans l’émission de Jacques Pradel « Témoin n°1 », très populaire à l’époque. Mais les témoignages recueillis se révèlent peu crédibles. L’enquête judiciaire est dans l’impasse. Un non-lieu est prononcé en 1997.


L'enquête n'est pas close
L’affaire aurait du s’éteindre en aout 2007. Mais en février, six mois avant la prescription définitive, le Procureur de la République de Blois ouvre une nouvelle information judiciaire pour « mauvais traitement sur mineur, homicide et recel de cadavre ». Une jeune femme, psychologiquement fragile, est même auditionnée. De nouvelles analyses sont réalisées sur les vêtements de l’enfant. Cette piste est finalement neutralisée.
Depuis 2007, l'ADN des deux parents a été identifié grâce à des particules retrouvées sur les vêtements de l'enfant. Ces indices figurent désormais dans le fichier national des empreintes. En cas de condamnation de l'un des parents, la filiation de la fillette pourrait être déterminée.

Autre avancée : des vêtements de l'enfant, les experts ont extrait des indices déterminant un périmètre où vivait sans doute la petite fille. Des particules laissent à penser que la famille, originaire d'Afrique du Nord, fréquentait la région d'Ouzouer-le-Marché.


L'espoir des enquêteurs : que quelqu'un se délivre enfin du secret
Mais l'espoir des gendarmes est ailleurs. Vingt-cinq ans après la mort de la petite fille, c'est vers ceux qui ont partagé la courte vie de l'enfant que les enquêteurs se tournent. Ils espèrent qu'une personne de son entourage se souviendra de l'étrange disparition, du jour au lendemain, d'une petite fille de trois ou quatre ans. Le mardi 11 août 1987.

Si vous avez des informations concernant cette enfant, vous pouvez les communiquer aux enquêteurs via le 06 46 17 05 59
ou par email : enfant-a10-tgi-blois@justice.fr


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L'heure du crime : Quand la police relance les "cold case"

L’OCRVP (Office Central de Répression des Violences aux Personnes) a décidé de réexaminer près de 100 affaires criminelles non résolues pour tenter de relancer ces cold case dont les enquêtes sont au point mort depuis des années. C’est un nouvel espoir pour les familles des victimes.


PAR JACQUES PRADEL , CHARLOTTE MERITAN PUBLIÉ LE 20/04/2016 À 12:19
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97 dossiers réexaminés par l'OCRVP

L’OCRVP (Office Central de Répression des Violences aux Personnes) a décidé de réexaminer près de 100 affaires criminelles non résolues pour tenter de relancer ces cold case dont les enquêtes sont au point mort depuis des années.

Sur environ 200 dossiers, l'OCRVP en a retenu 97 qui concernent des affaires criminelles sans mobile apparent, et qui constituent ainsi encore une énigme. Ces dossiers sont intégrés au logiciel SALVAC, pour effectuer des recoupements et des rapprochements entre des dossiers que l'on pensait éloignés et, en étudiant des similitudes dans les modes opératoires par exemple, tenter d'isoler un éventuel nouveau suspect.

L'OCRVP peut également encourager les services territoriaux à procéder à de nouvelles expertises scientifiques dans certains dossiers, soit parce que des analyses, ADN par exemple, n'ont pas été effectuées au moment de l'ouverture de l'enquête, soit parce que les avancées de la police scientifique peuvent permettre de nouvelles découvertes.

De nouvelles pistes peu étudiées au moment de l'enquête peuvent donc être envisagées et la réouverture de ces "cold case" constitue un nouvel espoir pour les familles des victimes.

Parmi ces dossiers, il y a par exemple l'affaire Vanessa Thiellon. Cette jeune fille de 17 ans avait été retrouvée morte en juin 1999 et son meurtre reste aujourd'hui encore non-élucidé. Ce dossier est inclus dans les affaires regroupées sous le nom de "disparues de l'A6", parmi lesquelles deux meurtres, ceux de Christelle Blétry et de Christelle Maillery, ont été récemment élucidés, après plus de vingt ans de combat des familles des victimes.

Nos invités

Jean-Marc Ducos, journaliste au Parisien ; Didier Seban, avocat au barreau de Paris. Avocat de plusieurs familles de victimes dans des affaires non résolues telles que les familles des disparus de l’Isère ou des meurtres de l’A6. Il est notamment l’avocat d’Yvette Thiellon, mère de Vanessa, assassinée en 1999 ; Yvette Thiellon, mère de Vanessa, assassinée en 1999 ; Philippe Guichard, directeur de l’OCRVP (Office Central pour la répression des Violences aux Personnes) ; Marie Pichon, mère de Christelle Maillery tuée en 1996 à Blanzy. Elle s'est battue pendant plus de 25 ans pour relancer l'enquête sur le meurtre de sa fille avec ses avocats Didier Seban et Corinne Herrmann et l’association qui regroupe les familles des victimes de l’A6 Association Christelle.


Pour écouter l'émission :CLIQUEZ ICI

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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 13/12/2018 18:12  Mis à jour: 13/12/2018 18:12
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 Petite martyre de l'A 10 :l'enquête accablerait la mère...
Ce jeudi 13 décembre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans a refusé de mettre en liberté le père de la petite martyre de l'A10, interpellé trente ans après la découverte du corps de la fillette dans le Loir-et-Cher. Selon son avocat, Me Berton, Ahmed Touloub, 66 ans, est innocent du meurtre et des violences infligées à la petite Inass, 4 ans.

Six mois après la spectaculaire interpellation des parents de la petite martyre de l'A10, l'instruction permet, semble-t-il, d'y voir un peu plus clair quant aux rôles respectifs qu'ont joué Halima et Ahmed Touloub, dans les violences infligées à leur fillette de 4 ans, Inass, dont le corps meurtri avait été découvert dans un fossé de l'autoroute, à Suèvres, le 11 août 1987.

"Le dossier et la procédure nous enseignent que Madame (Touloub, NDLR) seule est à l'origine de ces faits", déclarait, ce matin, Me Frank Berton, à l'issue d'une audience devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans, où son client, Ahmed Touloub, contestait la décision du juge des libertés et de la détention de Blois de le maintenir en détention provisoire.

"Cet homme dit ce qu'il a vu et fait. Il indique qu'il a été lâche. Ce geste de lâcheté n'était pas un geste criminel ; il n'a jamais tué sa fille et n'a jamais concouru au processus mortel de sa gamine. Il l'a encore redit récemment chez le juge d'instruction", a précisé Me Berton.
Une audience à huis clos

Au cours de sa garde à vue, Ahmed Touloub avait déjà déclaré avoir "vécu un enfer avec son épouse, qui était violente avec lui et avec ses trois filles". Le couple s'était, du reste, séparé, lorsque le dernier de leurs enfants avait atteint la majorité.

Lors de l'audience de ce jeudi 13 décembre qui, à la demande de l'avocate générale, s'est déroulée en chambre du conseil, autrement dit à huis clos, Me Berton s'est employé à démontrer que la détention de son client ne s'imposait plus.

"Le juge des libertés et de la détention a refusé sa mise en liberté au motif qu'il y avait des risques de pression sur les témoins et sur les complices éventuels. Or, il n'y a pas de risque puisque tous les membres de sa famille ont un permis de visite, que ce soit ses enfants ou des proches", a encore précisé l'avocat lillois.

Me Berton a encore indiqué qu'Ahmed Touloub, que l'on a vu pénétrer dans le box de la cour d'appel, en s'aidant d'une canne anglaise pour se déplacer, "est très gravement malade. Il est très affaibli, souffre de problèmes cardiaques et prostatiques sévères et d'un diabète important".

Maintenu en détention provisoire

Jeudi après-midi, on apprenait que la chambre de l'instruction, conformément aux réquisitions de l'avocate générale, Alexandra Pethieu, avait confirmé l'ordonnance du juge des libertés et de la détention et maintenu Ahmed Touloub, 66 ans, en prison.

À ce stade de l'information, son épouse Halima, 64 ans, elle-même écrouée, n'a pas formulé de demande de mise en liberté.

Le couple est mis en examen depuis le 14 juin, pour meurtre d'un mineur de 15 ans, violences habituelles sur un mineur de 15 ans et recel de cadavre.

L'information judiciaire se poursuit.





https://www.larep.fr/
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 23/06/2018 19:56  Mis à jour: 23/06/2018 19:56
Administrateur
Inscrit le: 06/09/2013
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 Enfant martyre de l'A10 : les conséquences du drame sur ses frères et soeurs.


Quelles conséquences un tel drame peut-il avoir eu sur ses frères et soeurs ?

Ces conséquences sont nécessairement particulières à chaque enfant. Mais elles ne peuvent être, pour tous, que terribles. Car on sait qu’il y avait, avant cette petite fille, deux enfants, et qu’elle a vécu avec eux à partir de 18 mois. Ils ont donc forcément assisté aux tortures qu’on lui faisait subir, et peut-être même à sa mort, ce qui est lourd de conséquences.

Ils ont en effet assisté à des scènes qui ont été traumatisantes, mais qui ont pu avoir aussi, pour eux, valeur d’initiation au plaisir que l’on peut prendre à faire souffrir un plus faible que soi. Et d’initiation - ce qui est très grave - par leurs parents, c’est-à-dire par ceux qui auraient dû être, pour eux, les garants de la loi et de la sécurité.

Ces enfants se sont donc construits dans le huis clos d’un monde terrifiant et fou. Et probablement aussi dans la culpabilité. Les frères et sœurs d’un enfant maltraité peuvent en effet se sentir coupables de ce qui lui arrive, en imaginant qu’ils l’ont provoqué. Et d’autant plus coupables que, tenus comme ils le sont au secret, ils peuvent se penser complices de leurs parents.

Et les enfants nés après cette petite fille ?

Soit ils ont été informés par les plus grands de ce qui était arrivé, et ils ont été pris, eux aussi, dans le silence et le secret par rapport à ce cauchemar, impensable, qui les a précédés. Soit ils n’en ont rien su, parce que la mort de leur sœur était devenue, dans l’histoire familiale, un secret.

Et l’on sait que ces secrets sont toujours destructeurs pour les enfants d’une famille, et souvent même, pour les générations suivantes. Parce que, comme chacun connaît - inconsciemment - la vérité, et qu’elle ne doit pas être dite, il ne peut l’exprimer que par des angoisses, des symptômes divers et même des répétitions, comme la délinquance par exemple.

Quel rôle peut jouer la découverte de la vérité ?

Un rôle énorme. Ces enfants se sont construits dans l’idée - consciente et/ ou inconsciente - que l’on pouvait tuer sans être puni. Or ils viennent d’avoir la preuve que ce n’est pas vrai, que personne n’est au- dessus des lois. Ce qui est un repère essentiel, pour eux comme pour leurs enfants, et un facteur de réassurance :

" Un monde dans lequel on peut, impunément, tuer ne peut être vécu que comme extrêmement dangereux et angoissant"
Claude Halmos

Mais le choc de cette découverte a dû être tellement violent pour eux, que l’on ne peut qu’espérer qu’on leur a proposé une aide psychologique.

https://www.francetvinfo.fr/
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 16/06/2018 13:55  Mis à jour: 16/06/2018 14:42
Administrateur
Inscrit le: 06/09/2013
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Commentaires: 4347
 Mise en examen des parents d’Inass Touloub, la "petite martyre de l’A10" : les voisins effarés, les frères et sœurs muets. (Vidéo)


Dans le village, elle a enfin un nom : Inass. Elle avait 4 ans.Celle que l'on appelait la "petite martyre de l’autoroute A10" est, on le sait désormais, la troisième d’une fratrie de 7 enfants. Elle avait deux grandes sœurs, et précédait quatre garçons. Ses deux parents ont été identifiés mardi, et ont été placés en garde à vue jeudi en fin de journée.

A Suèvres, dans le Loi-et-Cher, là où le petit corps a été enterré en 1987 après sa découverte sur le bord de l’autoroute, la nouvelle a réveillé de douloureux souvenirs. Tout ce temps, le village a adopté ce petit "ange", comme il est écrit sur une plaque funéraire du cimetière : des habitants se sont relayés pour fleurir et s’occuper de la tombe. Dans le Parisien, une des habitantes se souvient de l’enterrement. "Nous n’étions qu’une dizaine, mais l’émotion était là. Mais c’était notre rôle de veiller sur elle." La femme du garde champêtre raconte de son côté comment son mari avait planqué avec les gendarmes, jour et nuit pendant un mois, "pour voir si un proche se manifesterait". Ici, le mystère est donc enfin levé.

C’est ailleurs, dans les villes où habitent les parents, que pointent maintenant les questions. Les deux parents ont en effet été placés jeudi en garde à vue. Aucun ne reconnaît les faits. Mais, d’après le procureur, le père a évoqué vivre à l’époque un "enfer avec une épouse violente". Et a affirmé qu’un jour, en rentrant chez lui, il avait retrouvé la petite fille morte. Sa femme lui avait dit qu’elle est tombée dans l’escalier, et il n’avait pas eu "le courage de la dénoncer". La mère, 64 ans aujourd’hui, nie de son côté le décès de sa fille et soutient qu’elle est encore vivante et qu'elle habite au Maroc avec sa grand-mère. C’est d’ailleurs ce qu’elle a soutenu pendant des années auprès du voisinage. Les frères et sœurs, qui ont aussi été entendus comme témoins, disent aux enquêteurs qu’ils ne se "souviennent pas".

A sa naissance, la petite Inass avait été confiée à sa grande mère maternelle à Casablanca, jusqu’à ses 18 mois. Elle avait ensuite été envoyée chez ses parents, fin 1984, qui habitaient à Puteaux. La petite fille avait alors été inscrite dans une école maternelle mais n’avait jamais été scolarisée. Elle était aussi inscrite à la CAF, sur le livret de famille, et avait donc une existence légale et juridique.

Une famille "discrète et mystérieuse"
Aujourd’hui, une question se pose particulièrement : comment les voisins et connaissances ont-il pu n'avoir aucun doute, comment n’ont-ils pas vu qu’un enfant manquait ? Il s’avère en fait que, après Puteaux, la famille a déménagé à la fin des années 1980 à Villers-Cotterêts, dans un pavillon de banlieue. Après la séparation des parents en 2010, le père est retourné à Puteaux. La maman, elle, est restée à Villers-Cotterêts. Au fil des années, chacun des enfants a ouvert des commerces mitoyens à la maison : une boulangerie, une boucherie, fast-food et un commerce d’alimentation.

A Puteaux, le père souffre d’une bonne réputation. Il ouvert il y a une quinzaine d’années une boucherie-kebab, qu’il n’exploite plus directement, mais il reste connu par les commerçants du coin. Il y est décrit comme "fatigué et malade", mais comme "une crème".

A Villers-Cotterêts, la mère a moins bonne réputation. La famille y est décrite comme "discrète et mystérieuse". Les commentaires les plus affables disent qu’on "la voyait peu", qu’elle "sortait peu". Ils décrivent une "femme corpulente, vêtue d’un foulard", qu’on n’a "jamais vu s’énerver". Mais d’autres, plus acerbes, parlent dans le Parisien d’une femme "pas nette", "distante", "l’air déconnecté". A Europe 1, qui est aussi allé sur place, les voisins parlent d’une femme "toujours triste", "discrète, froide", "assez perturbée" voire "énigmatique et manipulatrice", sur Europe 1.Une famille tellement discrète que le nombre réel d’enfants semblait plutôt ignoré du voisinage.

D'après France inter, cinq des deux soeurs et quatre frères ont donc été entendus par les enquêteurs. "Selon nos informations, ils oscillent entre la sidération et la défense de leur père ou de leur mère", indique la radio. Ils sont tous aujourd'hui âgés de 27 à 40 ans. Les plus jeunes disent ne se souvenir de rien. En revanche, la soeur aînée d'Inass, qui avait 9 ans au moment des faits "n'a pas pu parler, comme bloquée face à ce terrible secret qu'elle a sans doute enfoui au fil des années."

Paradoxe de l’histoire, c’est en fait de cette famille, et surtout de ses enfants, qu’est venu le dénouement de cette énigme de 30 ans : en juin 2016, un des fils se bagarre avec un autre fils de commerçant à Villers-Cotterêts. Condamné à de la prison avec sursis, il se fait prélever de l’ADN. Et les enquêteurs découvrent que celui-ci correspond à celui de la fillette inconnue de l’A10.

https://www.lci.fr/

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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 14/06/2018 21:26  Mis à jour: 14/06/2018 21:26
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 Enfin un prénom pour la petite puce "martyre de l'A10" , elle s'appelait Inass.
Le procureur de la République de Blois a livré plusieurs informations sur l'identité de l'enfant de 4 ans retrouvée morte en 1987, et qui n'avait toujours pas été identifiée.

oupçonnés de l'avoir tuée, ses deux parents ont été mis en examen ce jeudi 14 juin, a annoncé le procureur de la République de Blois, Frédéric Chevallier, précisant que le père avait été écroué et que la mère comparaissait encore devant le juge de la liberté et de la détention. Le point sur ce que l'on sait.
# Qui était la fillette ?

Inass était née le 3 juillet 1983 à Casablanca (Maroc), a indiqué le procureur en conférence de presse ce jeudi. "Elle y a demeuré 18 mois avec sa grand-mère maternelle et elle a rejoint ses parents qui demeuraient dans la région parisienne à Puteaux", a-t-il ajouté.

Elle était la troisième d'une fratrie de sept enfants, avait deux grandes sœurs et quatre petits frères, a aussi détaillé le procureur.

Inscrite à l'école maternelle, elle n'a jamais été scolarisée.

Son père et sa mère, désormais sexagénaires, avaient respectivement 35 et 33 ans lorsqu'Inass est morte.

# Qu'ont déclaré ses parents ?

Le père d'Inass a déclaré aux enquêteurs avoir "vécu un enfer avec son épouse", selon lui "violente" envers lui et ses trois filles. Il a expliqué avoir découvert l'enfant morte en rentrant chez lui le 10 août, la veille du départ de la famille pour le Maroc. Son corps sera abandonné sur le trajet, en bordure d'autoroute.

Les déclarations de la mère de l'enfant ont évolué, selon le procureur de la République :
""En garde à vue, elle a d'abord dit ne plus avoir de souvenirs. [...] Lors de son interrogatoire de première comparution devant le magistrat instructeur, elle a dit avoir été victime de violences de la part de son époux, qu'elle pouvait être parfois violente sur Inass, mais qu'elle n'était pas impliquée dans sa mort.""



Plus de 30 ans après la découverte de son corps mutilé au bord de l'autoroute A10, dans le Loir-et-Cher, elle a enfin un nom et une histoire. L'enfant retrouvée morte le 11 août 1987 et surnommée la "petite martyre de l'A10" s'appelait Inass et elle avait 4 ans lorsqu'elle est décédée.

Soupçonnés de l'avoir tuée, ses deux parents ont été mis en examen ce jeudi 14 juin, a annoncé le procureur de la République de Blois, Frédéric Chevallier, précisant que le père avait été écroué et que la mère comparaissait encore devant le juge de la liberté et de la détention. Le point sur ce que l'on sait.
# Qui était la fillette ?

Inass était née le 3 juillet 1983 à Casablanca (Maroc), a indiqué le procureur en conférence de presse ce jeudi. "Elle y a demeuré 18 mois avec sa grand-mère maternelle et elle a rejoint ses parents qui demeuraient dans la région parisienne à Puteaux", a-t-il ajouté.

Elle était la troisième d'une fratrie de sept enfants, avait deux grandes sœurs et quatre petits frères, a aussi détaillé le procureur.

Inscrite à l'école maternelle, elle n'a jamais été scolarisée.

Son père et sa mère, désormais sexagénaires, avaient respectivement 35 et 33 ans lorsqu'Inass est morte.
# Qu'ont déclaré ses parents ?

Le père d'Inass a déclaré aux enquêteurs avoir "vécu un enfer avec son épouse", selon lui "violente" envers lui et ses trois filles. Il a expliqué avoir découvert l'enfant morte en rentrant chez lui le 10 août, la veille du départ de la famille pour le Maroc. Son corps sera abandonné sur le trajet, en bordure d'autoroute.

Les déclarations de la mère de l'enfant ont évolué, selon le procureur de la République :
""En garde à vue, elle a d'abord dit ne plus avoir de souvenirs. [...] Lors de son interrogatoire de première comparution devant le magistrat instructeur, elle a dit avoir été victime de violences de la part de son époux, qu'elle pouvait être parfois violente sur Inass, mais qu'elle n'était pas impliquée dans sa mort.""

L'énigme de la "petite martyre de l'A10" enfin résolue ?
# Comment s'est déroulée l'enquête ?

"En 1987, le travail de criminalistique des premiers [gendarmes] arrivant [sur les lieux] a été bien fait", a déclaré lors de la même conférence de presse le commandant de la section de recherches d'Orléans, Thomas Andreu. Il a ajouté :
""Les bons prélèvements ont été faits, les bonnes saisies ont été faites.""

Selon lui, c'est "l'élargissement des capacités scientifiques en matière d'ADN et des capacités législatives en matière de comparaison d'ADN" qui ont permis d'identifier l'enfant.

Après la découverte du corps, non réclamé, plus de 65.000 écoles avaient été visitées pour l'identifier. Un signalement avait aussi été diffusé dans plus de 30 pays, sans plus de succès.

C'est finalement l'interpellation en 2017 d'un homme pour une affaire délictueuse qui a permis d'avancer. Son ADN a été prélevé et comparé aux traces présentes dans le Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG). L'homme interpellé était le frère de l'enfant. "On a pu remonter depuis le frère d'Inass vers son papa et sa maman", a détaillé le procureur de Blois.

A.R. https://www.nouvelobs.com
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 14/06/2018 10:16  Mis à jour: 14/06/2018 14:34
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 INFORMATION EUROPE 1 - 31 ans après, le mystère de "la martyre de l'A10" enfin résolu.( Vidéo)
En août 1987, une petite fille était découverte morte en bordure de l’autoroute A10, dans le Loir-et-Cher. Ses parents viennent d’être identifiés et arrêtés. Ils doivent être mis en examen jeudi.
INFO EUROPE 1

Sa petite tombe blanche, à quelques kilomètres du château de Chambord, est souvent fleurie par des anonymes. Elle est surmontée d’une tête d’ange et d’une stèle, sur laquelle figure l’inscription : "À la mémoire de la petite inconnue de l’A10". La petite fille découverte morte en 1987 n’avait pas de nom, mais l’énigme de la "martyre de l’A10" semble désormais résolue.
30 ans d’anonymat

Le 11 août 1987, des agents d'entretien de l'autoroute découvrent dans un fossé, entourée d’une couverture, la dépouille d'une fillette aux boucles brunes. Elle est habillée d'un short et d'un t-shirt, mais porte surtout d'innombrables traces de violences : brûlures, morsures et fractures non consolidées. D’après les médecins légistes, la victime, âgée de 3 à 5 ans, est décédée depuis quelques heures seulement.

Les jours passent, personne ne signale sa disparition. Les gendarmes diffusent un portrait-robot – le visage de la fillette est si abîmé qu’il est inenvisageable de le montrer. Plus de 60.000 écoles maternelles sont consultées, sans succès. En 1993, l’affaire est même au sommaire de l'émission Témoin numéro un, sur TF1. En 2012, la justice lance un nouvel appel à témoin, comptant sur les remords d'un membre de la famille ou sur un témoin qui, à l'époque des faits, n'aurait pas fait le lien avec la disparition.
Coup de pouce du destin

Sur la couverture, des prélèvements ADN ont permis de recueillir plusieurs empreintes génétiques, dont celles identifiées comme appartenant à des membres de la famille, notamment les parents. Et c’est de la science que va venir la solution. Fin 2017, un homme est arrêté dans une affaire banale ; son ADN est confronté automatiquement à la base des empreintes génétiques inconnues, et il "matche". Il s’agit selon toute vraisemblance d’un frère de la fillette. Après avoir pris le temps, les gendarmes de la section de recherches d’Orléans ont fini par retrouver les parents, aujourd'hui sexagénaires. Ils les ont interpellés mardi. Au cours de leur garde à vue, de nouvelles comparaisons ADN ont conforté la certitude des enquêteurs, qui ont pu les interroger sur ce qu’il s’est produit, à l’été 1987. Ce jeudi, les parents de la petite "martyre de l’A10" doivent être présentés au juge d’instruction de Blois en vue de leur mise en examen.

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Autres sources:





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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 12/05/2018 12:44  Mis à jour: 12/05/2018 12:44
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 Des centaines de disparitions signalées chaque année en Loire-Atlantique ( FRANCE)!!!
Deux cent cinquante-deux. C'est le nombre de "disparitions inquiétantes" signalées l'an passé sur la seule zone gendarmerie, en Loire-Atlantique (soit hors zones urbaines de Nantes et Saint-Nazaire).

Il s'agit parfois de fugues de courte durée, de personnes âgées que la maladie d'Alzheimer aura désorientées, ou de disparitions de personnes majeures. D'importants moyens de recherches sont souvent diligentés pour les retrouver. Mais certains mystères résistent aux investigations. Et cette attente est très éprouvante pour les proches.

Ainsi, à Nantes, Léa Petitgas reste introuvable. Cette jeune femme de 20 ans a disparu depuis cinq mois déjà. "Ne pas savoir ce qui lui est arrivé est très difficile à vivre", confie Karine, sa mère. "Je sais que les enquêteurs font un travail de fourmi pour la retrouver et je garde espoir. Je voudrais juste un signe : que l'on me dise qu'elle est vivante et qu'elle va bien. C'est tout".



Retrouvez notre double-page dans Presse Océan samedi 12 mai 2018

http://www.presseocean.fr/
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 28/02/2018 13:10  Mis à jour: 28/02/2018 13:10
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 Le père de Nathalie Geijsbregts, disparue il y a 27 ans à l'âge de 9 ans ,lance un appel à témoins…(Vidéo)
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Comme chaque année, Eric Geijsbregts illumine la pierre commémorative à sa fille. Un monument placé à l'endroit exact où elle a disparu il y a tout juste 27 ans, à Bertem. C'est à cet endroit qu'il a vu sa fille pour la dernière fois. "Elle est restée seule pendant un instant, et ces quelques minutes lui ont été fatales. C'est très dur", a indiqué Eric Geijsbregts.

Le corps de Nathalie n'a jamais été retrouvé. Dans une tentative désespérée, Eric a lancé cette année un appel sur les réseaux sociaux et a donné rendez-vous au meurtrier ou aux témoins devant la tombe de sa fille. Il a attendu deux heures dans le froid, en vain. "J'espère qu'il me laisse un message pour me dire où elle se trouve. Tout est possible. Regardez ce qu'il s'est passé avec les tueurs du Brabant. Après des années, des éléments neufs sont apparus", a-t-il ajouté.

Le 26 février 1991 retsera à jamais encré dans la mémoire d'Eric. Nathalie aurait 36 ans aujourd'hui. "Je pense tous les jours à elle (...). Elle sera toujours avec moi", a-t-il conclu.

La publication d'Eric sur Facebook a été partagée plus de 5.000 fois.

Voir vidéo -> http://www.rtl.be/info/video/662485.aspx
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 26/02/2018 10:27  Mis à jour: 26/02/2018 10:27
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 Le pénible calvaire, l’immense souffrance des parents de disparus . « Parents d'enfants disparus : comment survivre ? » (Vidéo)
Lucas, Estelle, Cécile, Maëlys, Mathis... Les parents d'enfants disparus vivent dans une immense souffrance. Sans nouvelles de leur enfant depuis des mois voire parfois des années, comment survivent-ils, comment sont-ils aidés ?

En France, il n'existe pas de structures spécialisées pour prendre en charge les proches d'enfants disparus. Il n'y a qu'un numéro gratuit européen : le 116 000. "La prise en charge psychologique pour les parents proposée au 116 000 a ses limites parce que c'est du téléphone. Il s'agit plutôt d'entretiens ponctuels qui ont pour but de faire émerger une demande, qu'ils aient une première approche avec un psychologue, qu'ils commencent à s'intéresser à leur fonctionnement interne… pour ensuite les orienter", explique Gwenaëlle Buser, psychologue.

Pour Eric Mouzin, dont la fille Estelle a disparu en janvier 2003, cette aide n'est pas efficace. Il se bat pour que l'Etat prenne les choses en main : "Mon rêve serait qu'il y ait une structure efficace, qui ne soit pas une structure "dermatologique" où on vous passe de la pommade pour vous endormir. On veut quelque chose d'efficace, avec une vision humaniste parce qu'on a des personnes en souffrance et il faut leur apporter de l'aide et des réponses".

Quatorze ans après la disparition de sa fille, Eric Mouzin mène toujours le combat aux côtés de son avocate. Pour lui mais aussi pour tous les autres parents d'enfants disparus car le besoin de savoir ne s'estompe pas avec le temps.


Par la rédaction d'Allodocteurs.fr

VOIR VIDÉO -> https://www.allodocteurs.fr/bien-etre- ... mment-survivre_23856.html
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 29/12/2017 11:46  Mis à jour: 29/12/2017 11:46
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 Des parents d'enfants disparus dénoncent les carences de la justice française.
Absence de juge spécialisé ou création d'un fichier national d'enfants disparus: les avocats de familles proposent des pistes pour faire face à ces affaires de disparitions qui piétinent quand les preuves manquent.

Estelle Mouzin, Marion Wagon, et plus récemment Maëlys de Araujo… Derrière ces noms, des affaires d'enfants disparus, depuis des mois ou des années, ayant suscité une vive émotion et mobilisé d'importants moyens d'investigation. Mais une fois les premiers mois passés, il est parfois difficile pour les familles d'avoir un vrai suivi de la justice sur ces «cold cases».

«Les premières heures sont déterminantes.» C'est le commentaire que bien des policiers rappellent souvent lors de l'annonce d'une disparition. Recueils de témoignages, réquisitions des données téléphoniques et bancaires, battues dans la zone de disparition… Les moyens mis à la disposition des forces de l'ordre sont alors conséquents. Ils ont «fait la démonstration de leur efficacité», reconnaît Fabien Rajon, avocat de la famille de Maëlys.

Mais pour la famille d'Estelle Mouzin, disparue il y a bientôt quinze ans, ces investigations sont déjà loin. Depuis, sept juges différents se sont transmis le dossier. Et chaque fois, le même «combat» des proches pour réactiver l'enquête. Une situation que dénonce aujourd'hui la famille de la disparue de Guermantes (Seine-et-Marne). «Il faudrait une continuité sur ces affaires. La justice végète sur ces dossiers sensibles», regrette Corinne Herrmann, l'une des avocats de la famille Mouzin et criminologue au Figaro.

«Les familles sont tenues à l'écart»
Depuis, ils luttent pour la création d'un corps de juges spécialisés sur les longues disparitions. «J'ai vu le travail des juges de la section anti-terroriste travailler, ils sont efficaces car ils ont une bonne connaissance de la thématique et une vision d'ensemble sur le territoire», compare-t-elle. De son côté, le ministère de la Justice, contacté par Le Figaro, assure que «l'École nationale de la magistrature (ENM) dispense chaque année des cycles de formation auprès des magistrats notamment sur la gestion des dossiers liés aux cas d'enfants disparus.»

Insuffisant, selon Corinne Hermann, qui propose également «la création d'une unité de police» dédiée à ces affaires. «Ce serait l'idéal mais nous manquons de moyens», déplore Benoît Barret, secrétaire national adjoint province du syndicat de police Alliance. Ce dernier assure que ses collègues ne «lâchent» jamais un dossier d'enfant disparu, même si, «bien souvent, le temps ne joue pas en leur faveur».

Des critiques qui ciblent aussi les relations entre familles, magistrats et enquêteurs. «Dans de pareille situation, le manque d'information quant aux avancées de l'enquête constitue une source d'incompréhension entre les victimes et l'institution judiciaire», explique le conseil des parents de Maëlys. Ce qu'atteste aussi la criminologue Corinne Herrmann: «Trop souvent, les familles sont tenues à l'écart.»

«Nous ne savons pas combien il y a d'enfants disparus en France»
Au-delà de la question humaine, les parents des disparus réclament la constitution d'un fichier officiel d'enfants disparus, administré par l'État, comme il existe notamment en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. Actuellement, la base de référence est celle de l'association Centre français de protection de l'enfance - Enfants disparus (CFPE), mais cette dernière est incomplète, pour la représentante de la famille Mouzin. D'abord, parce qu'il n'y avait, jusqu'à présent, «pas systématiquement de photo de l'enfant», confirme Anne Larcher, présidente de l'association. Ensuite, parce que la présence de l'enfant sur cette base de données dépend de la déclaration de la famille auprès du CFPE. Elle n'est pas automatique. Et Anne Larcher l'avoue: «Beaucoup de monde ne connaît pas notre numéro, le 116.000». Corinne Herrmann assure, par exemple, que la petite Maëlys a mis plusieurs semaines, voire mois, à paraître dessus. Elle atteste: «Nous ne savons pas exactement combien il y a d'enfants disparus en France».

De son côté, le ministère de la Justice assure que «les disparitions d'enfants signalées au parquet font l'objet d'une inscription au Fichier des personnes recherchées (FPR)». Mais il n'est pas dédié exclusivement aux enfants et ne concerne que les affaires en cours, pas les dossiers prescrits, ni les tentatives d'enlèvement. Pourtant, d'après Corinne Herrmann, la clé est là: rassembler les affaires, les comparer, établir des liens géographiques…

Cette prise de conscience sur ces disparitions à caractère criminelle est rendue difficile par un «certain tabou français», selon les mots de la présidente du CFPE. «Quand un enfant ou un adolescent s'évapore, il y a un risque qu'il tombe dans un trafic sexuel ou de délinquance, même local. Mais en France, on n'ose pas vraiment parler de ces sujets, à l'inverse d'autre pays européens.» Sur ces «enquêtes compliquées», le représentant des forces de l'ordre, Benoît Barret, estime que «les critiques des familles sont légitimes». Et conclut: «Mais face à de telles situations, on aura beau débloquer tous les moyens, on n'en fera jamais assez».

http://www.lefigaro.fr/
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 02/12/2017 11:34  Mis à jour: 02/12/2017 11:34
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 Ces enfants français qui n'ont pas été retrouvés...
Le corps de la petite Fionna, 5 ans, n'a jamais été retrouvé.

Marion Wagon : le premier visage d'enfant auquel on pense, dans notre région, à l'évocation de la disparition de Maëlys. C'était le 14 novembre 1996, à Agen. Ce jour-là, entre 12 h 11 et 12 h 16, Marion Wagon, 10 ans, disparaissait sur les 400 mètres séparant l'école Sembel de son domicile, sans laisser de trace. Longtemps diffusé -et à des millions d'exemplaires- son portrait n'a pas permis de susciter un témoignage sérieux. Fausses pistes, faux détective, spectre de «l'ogre des Ardennes» Michel Fourniret évoqué mais hypothèse invalidée… en 2016, 20 ans après cette affaire, les gendarmes travaillaient toujours sur le dossier et l'instruction reste ouverte. Mais sans suspect.

Estelle Mouzin, 9 ans : autre fillette disparue sur le chemin de l'école. C'était le 9 janvier 2003 à Guermantes, en Seine-et-Marne, alors que l'enfant rentrait chez sa mère. 350 maisons de la commune perquisitionnées le 14 janvier, le portrait-robot d'un homme à lunettes et barbe de trois jours, des appels à témoins puis là aussi la piste du tueur en série Michel Fourniret, arrêté en juin 2003, un homme placé en garde à vue en 2011, chaque fil, chaque témoignage, même le plus ténu, exploré : bientôt 15 ans après les faits, toujours rien.

Plus récemment, en Occitanie, un dossier continue à mobiliser les enquêteurs : celui de Lucas Tronche. L'adolescent de 15 ans est porté disparu depuis le 18 mars 2015, après avoir quitté en fin d'après-midi le domicile de ses parents à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. En septembre dernier, la police a lancé un nouvel appel à témoins et diffusé un portrait-robot pour identifier un «témoin important», un homme «de type européen», chauve, au visage émacié, aux avant-bras tatoués. Trois affaires sans scène de crime ni suspect identifié : pour autant, la tragédie perdure aussi parfois, même reconnu le décès de l'enfant. Témoin l'affaire Fionna, du nom de cette petite fille disparue en mai 2013 à Clermont-Ferrand, dont les parents ont avoué la mort et dont le procès en appel vient d'être renvoyé. Le corps de la fillette de 5 ans n'a toujours pas été retrouvé.

P.C. https://www.ladepeche.fr/
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 26/10/2017 13:02  Mis à jour: 26/10/2017 13:02
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 Yves Bert avait 6 ans quand il a disparu en 1977 à Lyon. Une disparition toujours non élucidée. Sa mère, Thérèse Deleuze, a peur de mourir sans jamais savoir ce qui lui est arrivé.
C'est peut-être le plus vieux « cold case » de France. Yves Bert aurait aujourd'hui 46 ans. Le 3 février 1977, ce garçonnet de 6 ans n'a jamais rejoint son frère aîné, Yannick, qui l'attendait comme chaque jour à la sortie de l'école Mazenod à Lyon (Rhône). Il pleuvait à verse ce jour-là dans la capitale des Gaules. Quand sa mère, Thérèse Deleuze, est venue à la rencontre de ses fils, comme chaque soir en rentrant du travail, Yannick attendait toujours son petit frère à l'endroit habituel. Pourtant Yves, aux cheveux bouclés, est bien sorti de l'école en rang par deux en tenant la main d'une petite fille. Depuis plus rien. Une attente insupportable pour Thérèse Deleuze, 70 ans aujourd'hui, et qui a accepté de répondre au « Parisien » - « Aujourd'hui en France ».

Que s'est-il passé ce soir-là ?

THÉRÈSE DELEUZE. Comme d'habitude en sortant de mon travail, je retrouvais mes garçons sur le chemin de la maison et nous rentrions ensemble. Nous habitions non loin de là à l'époque, rue Paul-Bert à Lyon. Mais là quand je suis arrivée, Yannick était seul. A l'école, toutes les classes ont été visitées car il aurait pu s'y cacher. Mais non, il n'y avait rien. On a fait le tour des parents qui auraient pu accueillir ce soir-là Yves. Mais il n'était nulle part. Et à 18 heures, nous sommes allés à la police avec Jacques, mon mari. On nous a dit que c'était une fugue...

Comment faites-vous pour résister au chagrin ?
C'est très difficile. Je n'arrive pas encore à imaginer. Mais je pense tous les jours à ce qui a pu lui arriver. Je ne sais pas s'il est vivant ou mort. J'aurais préféré qu'Yves soit tué dans un accident. Au moins, je saurais quelque chose. Il aurait 46 ans aujourd'hui mon garçon, une famille, des enfants... Je suis toujours dans cette interrogation trouble. Il a fallu tenir et faire front pour son frère Yannick. Nous n'avions pas d'autre choix que de faire face. C'était ça ou le suicide.

Et en cette date anniversaire cruelle, que faites-vous ?
A chaque anniversaire de sa disparition, j'allais voir la presse pour qu'on n'oublie pas ce qui s'est passé. Et je lance cette fois un ultime appel à témoins : celui qui a fait cela ou celui qui sait quelque chose doit parler enfin. Qu'il fasse un signe. Qu'il nous donne une piste au moins... Car le plus difficile pour une mère, c'est de ne pas savoir. C'est ce doute terrible. Je n'ai rien. J'ai 70 ans, j'ai peur de mourir sans savoir. Et il faut aussi que Yannick sache.

Comment vivez-vous avec ce poids permanent ?

J'ai essayé de vivre normalement malgré tout. J'ai beaucoup fait semblant. Quand on me demande, parfois je ne réponds pas. C'est une stratégie de survie. Il fallait d'abord préserver Yannick et lui ôter le poids de cette disparition. Nous ne voulions pas que cela pèse sur lui, sur sa vie. Nous en avons longuement parlé avec lui quand il est devenu adulte. Il a fait sa vie et a des enfants.

Et l'enquête ?
Elle est toujours là. Elle n'est pas close. Mais il n'y a rien dedans. Je me souviens encore des milliers d'affichettes posées dans Lyon et distribuées sur les marchés. Heureusement de nombreux amis nous ont soutenus et l'association d'Aide aux parents d'enfants victimes a été un précieux secours pour notre famille. Mais une moitié de moi-même est morte ce 3 février 1977.

http://www.leparisien.fr/faits-divers ... ns-04-02-2017-6653811.php
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 09/09/2017 12:23  Mis à jour: 09/09/2017 12:23
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 Des disparus sans nouvelles... “les enlèvements d'enfants se ressemblent tous” pour l'avocate, Corinne Herrmann , des disparus de l'Isère
Corinne Herrmann a travaillé sur le dossier des "disparus de l'Isère". Alors que l'on reste sans nouvelles de la petite Maelys, disparue le 27 août, l'avocate explique dans quel état d'esprit se trouvent les familles dans pareil cas. Elle constate aussi que tous les enlèvements se ressemblent.

Par Yann Gonon, avec Xavier Demarquay http://france3-regions.francetvinfo.fr/

13 jours après la disparition de la petite Maelys, alors qu'elle participait à un mariage à Pont-de-Beauvoisin en Isère, les enquêteurs poursuivent les recherches. La piste de l'enlèvement est toujours privilégiée. Une affaire qui rappelle celle des "disparus de l'Isère" sur laquelle a travaillé l'avocate Corinne Herrmann, avec son confrère Didier Seban.

Maître Hermmann nous a accordé une interview. Elle parle de l'état d'esprit dans lequel se trouvent les parents d'enfants disparus et du profil des auteurs d'enlèvements.


Les familles, plongées dans "l'horreur absolue"


L'affaire des "disparus de l'Isère" remonte à 30 ans et Corinne Herrmann n'était pas présente auprès des familles à cette époque. Elle a cependant défendu d'autres dossiers de ce type et soutenu de nombreux parents confrontés à ce genre de drame. Pour elle, "les familles sont plongées dans l'horreur absolue, dans l'angoisse, la colère, la peur, comme on peut être quand on est devant des situations extrêment graves".

Clic pour écouter Corinne Herrmann

Les proches sont souvent les premiers suspectés


Quel rapport les familles entretiennent-elles avec les enquêteurs ? Selon Maître Hermann, on ne leur donne pas forcément toutes les informations en temps réel pour préserver l'enquête. De même, et c'est ce que les proches de Maelys semblent avoir reproché aux gendarmes, ils ne sont pas toujours écoutés lorsqu'ils donnent des pistes. Très souvent, explique l'avocate, ils sont eux-mêmes souvent suspectés dans un premier temps.

Convaincre les enquêteurs de ne jamais renoncer

Enfin, dans toute affaire de disparition, l'avovat est là pour aider les familles dans la durée. Les aider notamment à convaincre les enquêteurs de ne pas renoncer. "Les enquêteurs vont mettre tous les moyens nécessaires pendant des semaines" explique Corinne Herrmann. "C'est dans les années qui suivent, quand on a pas retrouvé un enfant ... C'est là que la famille et les avocats ont leur rôle à jouer pour qu'on continue à chercher".

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http://france3-regions.francetvinfo.f ... sparus-isere-1324223.html
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 08/09/2017 10:59  Mis à jour: 08/09/2017 10:59
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 NATHALIE, Estelle, Marion, Charazed, Léo, Denise, Gevrije, Paco Molina , et nombreux autres, la liste des petits disparus internationaux est longue : sur la piste des enfants introuvables…
Depuis la disparition de Maëlys le 27 août dernier, les enquêteurs orientent leurs soupçons vers un homme, un ancien maître-chien, qui s'est absenté un moment du mariage pour, dit-il, changer son short taché de vin. Le trentenaire a reconnu que Maëlys était montée dans sa voiture, mais il affirme qu'elle en est aussitôt redescendue et il jure n'avoir rien à voir avec sa disparition. Une perquisition a eu lieu à son domicile, des analyses sont en cours et des recherches avaient encore lieu mercredi à proximité du lac d'Aiguebelette.

À chaque cas de disparition dite «  inquiétante  », l'état des lieux est le même : «  Pas de corps, pas de scène de crime et pas d'éléments matériels pouvant être exploités par la police technique et scientifique  », explique à l'AFP Philippe Guichard, patron de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP). Reste alors aux policiers à se montrer particulièrement rigoureux : toutes les personnes présentes au moment des faits sont auditionnées, les personnes à proximité sont géolocalisées grâce à la téléphonie, et des fouilles, des battues et des perquisitions sont organisées.

«  Appels par haut-parleurs  »

Mais il fut un temps où la technologie ne permettait pas d'avancées significatives et rapides dans l'enquête. Lorsque le petit Yves Bert disparaît en février 1977 à la sortie de l'école à Lyon, les enquêteurs pataugent. Le Rhône semble trop loin – plus d'un kilomètre – pour croire à l'accident, et rien ne laisse penser que l'enfant de six ans, cartable sur le dos, a été enlevé. Dans l'impasse, les parents, qui avaient au début refusé de porter plainte «  pour ne pas paniquer les auteurs de l'enlèvement  », vont mener de front les investigations.

Grâce au soutien du voisinage et d'associations, des «  appels par haut-parleurs  » sont lancés en français et en arabe dans des voitures circulant dans les rues de la métropole, des «  enregistrements magnétoscopiques  » sont diffusés sur les marchés. Entre 50 000 tracts et 70 000 affiches avec la photographie du petit Yves sont distribués par des chauffeurs de taxi et des routiers aux quatre coins de la France, raconte Le Monde. Les parents se rendent à toutes les grandes fêtes populaires de France et rédigent même une bande dessinée narrant les événements. La méthode ne fait pas consensus – loin de là –, mais la famille se démène. Yves Bert n'a jamais été retrouvé.
Des disparitions jamais élucidées

Même histoire dramatique pour Ludovic Janvier, enlevé en mars 1983 sous les yeux de son frère. «  On allait chercher des cigarettes pour notre père.
En revenant, un homme, qui avait un casque de moto, nous a demandé de l'aider à chercher son chien, en échange de bonbons. Je suis parti d'un côté avec mon frère le plus jeune. Ludovic a suivi le monsieur. Je me suis retourné, j'ai vu le regard de Ludovic, j'ai senti que quelque chose n'allait pas, qu'on avait fait une grosse bêtise », témoignera le frère au Maine libre.

Charazed, 8 ans, disparue en 1987 au pied de son immeuble, alors qu'elle était sortie descendre les poubelles ou encore Jérôme, 10 ans, dont on ne retrouva que le skateboard sur un parking de la Défense en 1991, n'ont jamais été retrouvés. Pas plus que Leo, 6 ans, disparu en pleine randonnée dans le massif du Taillefer. L'enfant, qui était accompagné de plusieurs adultes, avait rebroussé chemin pour rejoindre son père, resté au campement. À l'époque, le procureur évoquera la « possibilité d'un enlèvement, mais aussi le fait que l'enfant ait suivi une personne qui l'aurait éloigné du site », selon des propos rapportés par Libération. Le père, quant à lui, passera les trois mois suivant la disparition à camper en forêt à la recherche de son fils.
Portraits-robots et vieillissement de visages

À partir de 1992, les enquêteurs utilisent des techniques de vieillissement des visages. Les portraits-robots diffusés des années après la disparition permettent ainsi de se faire une idée de ce à quoi ressemblerait un enfant devenu adolescent. Les frères Fortin, enlevés par leur père en 1998, avaient ainsi été reconnus dans l'Ariège... douze ans plus tard. En 2010, les enquêteurs utiliseront le même procédé et diffuseront une photo vieillie de la jeune Estelle Mouzin, disparue en 2003 à Guermantes et dont on n'a jamais retrouvé la trace.

La diffusion de portraits, vieillis ou pas, reste un moyen régulièrement utilisé par les forces de l'ordre. En vain, souvent. La photographie de la petite Marion, disparue à l'âge de 10 ans, imprimée en février 1997 sur des millions de briques de lait, n'avait pas conduit les enquêteurs sur des pistes intéressantes.

La diffusion de tels portraits a cependant évolué avec la création, en 2006, de l'alerte enlèvement. Un dispositif efficace qui a, par exemple, permis de retrouver en 2015 la petite Berenyss, kidnappée par un agriculteur de 48 ans, déjà mis en cause dans une affaire d'agression sexuelle. «  Les enquêteurs ont acquis la certitude que le ravisseur présumé a libéré son otage grâce à l'alerte enlèvement diffusée six heures après la disparition de la fillette », assurait Le Parisien au moment de sa libération.

L'essor de l'ADN

Les recherches ADN apparaissent, quant à elles, dans les années 1990 (le Britannique Colin Pitchfork est le premier criminel confondu par son ADN en 1987). Dans le cas de disparitions, elles ne servent que si l'ADN de la personne recherchée est retrouvé chez un suspect, sa maison, ses vêtements, sa voiture, etc. L'ADN tend à démontrer qu'il y a, au moins, eu un contact. Inversement, l'ADN du suspect peut être retrouvé sur des affaires de la victime, abandonnées sur les lieux de la disparition.
Lorsque les scellés d'une affaire ancienne ont été conservés, il arrive ainsi souvent que la police procède à de nouvelles expertises, des années plus tard, avec les nouveaux fichiers et technologies dont elle dispose. À titre d'exemple, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) contient plus de deux millions d'empreintes génétiques, alors qu'il n'en recensait que 17 000 au moment de sa création. Les recherches sont donc beaucoup plus efficaces aujourd'hui qu'il y a quelques années.

Un géoradar pour fouiller les murs

Enfin, certains moyens développés sont parfois exceptionnels. Un cold-case, comme on appelle ces affaires non résolues, a récemment été rouvert par la gendarmerie lyonnaise.
En novembre 1982, Nathalie Mazot, 13 ans et demi, disparaît entre Bron et Lyon tandis qu'elle quittait le domicile de sa mère pour rejoindre celui de sa sœur aînée, laquelle affirme ne l'avoir jamais vue arriver. Deux mois plus tard, la sœur se suicide, laissant derrière elle une lettre demandant pardon et laissant penser qu'elle en savait plus que ce qu'elle acceptait de dire.
Les investigations s'orientent, sans succès, vers un bar douteux que la sœur aînée avait pris l'habitude de fréquenter et où Nathalie aurait été vue pour la dernière fois. En juin 2017, trois décennies après les faits, les gendarmes entreprennent d'inspecter les murs du bar, grâce à un géoradar, une technologie innovante, afin de vérifier qu'un corps n'y avait pas été enseveli, selon France 3. L'enquête semble ne pas avoir abouti. Dans le cas de Maëlys, de très nombreuses pistes restent encore à explorer.

http://www.lepoint.fr/societe/estelle ... .php#section-commentaires
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 11/08/2017 18:00  Mis à jour: 11/08/2017 18:00
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 Re : Il y a 30 ans, la petite martyre de l’ A 10 était découverte au bord de l'autoroute.
Le 11 août 1987, une enfant d’environ 3 ans est retrouvée morte, le visage tuméfié, sur le bord de l’A 10, à une quinzaine de kilomètres de Beaugency. Trente ans plus tard, on ignore toujours qui elle était et ce qui s’est passé.
Elle n’a pas de nom. Pas d’âge. Pas de parents connus. A-t-elle seulement jamais existé ? Depuis 30 ans, les gendarmes n’ont pas trouvé un instituteur, un médecin, une assistante sociale pour se souvenir l’avoir croisée. Elle s’est effacée des mémoires, elle a disparu des registres d’état-civil, des dossiers administratifs. Elle a les yeux clos pour toujours sur le seul portrait que l’on connaît d’elle.

« Une plaie de la tête aux pieds »


Le mardi 11 août 1987, vers 15 h 20, il y a tout juste trente ans, deux employés de Cofiroute fauchent des herbes sur le bord de l’A 10 en direction de Blois quand leur regard est attiré par un plaid, dans le fossé. À l’intérieur se trouve le corps sans vie d’une fillette aux boucles brunes vêtue d’un tee-shirt, d’un short et d’une robe de chambre à carreaux bleus. Brûlures de fer à repasser, traces de morsures humaines, fractures jamais soignées : celle que la presse va baptiser « la petite martyre de l’A 10 » porte la trace de violences terribles et répétées.
« Cette enfant n’était qu’une plaie de la tête aux pieds », résume le procureur de la République de Blois, avec effroi. L’autopsie confirme qu’il n’y a pas eu une seule blessure mortelle?; c’est l’ensemble des sévices subis qui est à l’origine du décès de l’enfant, âgée de cinq ans tout au plus. Le créneau de la mort se situe entre 11 heures et 13 heures, soit deux à quatre heures avant la découverte du corps.

Une photo jugée d’abord impubliable


Les meurtriers se sont-ils précipitamment arrêtés sur la bande d’arrêt d’urgence, pour se débarrasser du cadavre, en plein jour et sous le regard de dizaines d’automobilistes?? Ou sont-ils venus par le petit chemin agricole qui, depuis le village de Suèvres, permet également d’accéder au fossé?
Les gendarmes n’ont qu’une seule certitude : puisque cette petite fille n’a été réclamée par personne, les meurtriers ne peuvent être que ses parents.
Près de 30.000 portraits-robots – la photo de son visage tuméfié est si choquante qu’elle est jugée impubliable en l’état – sont diffusés à travers la France. À partir de la rentrée de septembre, ce sont plus de 65.000 écoles maternelles qui sont démarchées pour savoir si cette fillette a pu fréquenter un établissement. En vain.
Dans un premier temps, les enquêteurs ont pu penser que la fillette, dont les origines maghrébines seront confirmées bien plus tard par des analyses ADN, n’avait fait que traverser la France, son corps étant abandonné en plein mois d’août sur la « route des vacances », dans le sens nord-sud.

Mais, en décembre 1987, l’analyse de fragments de quartz et de plastique – des morceaux de cônes de chantier – retrouvés dans les fibres de sa robe de chambre atteste qu’elle a bien séjourné dans la région. « Dans un périmètre délimité par Blois, Oucques, Ouzouer-le-Marché, Marchenoir et Meung-sur-Loire », précisait la justice en 2012.
Les appels à témoin maintes fois renouvelé n’ont, depuis, jamais permis d’éclaircir le mystère. Dans le cimetière de Suèvres, où la fillette a été inhumée, une petite tombe blanche soigneusement entretenue par la municipalité attend toujours un nom.



Alexandre Charrier http://www.larep.fr/



Septembre 2012. 25 après la découverte de la petite martyre de l’A10, la justice lançait un énième appel à témoin. « On compte toujours sur un remords d’un membre de la famille, sur un témoin qui, à l’époque des faits, n’aurait pas fait le lien avec la disparition, un petit élément anodin », expliquait il y a cinq ans, Dominique Puechmaille, alors procureur de la République de Blois. Ce retour de l’affaire sur le devant de la scène médiatique a suscité son lot de signalements – une centaine – que les gendarmes de la section de recherches d’Orléans ont dû vérifier. Aucun n’a apporté d’avancée déterminante pour l’enquête. Aujourd’hui, le dossier reste ouvert. Depuis trente ans, les magistrats qui se sont succédé dans ce dossier se sont appliqués à « faire vivre » l’enquête pour éviter la prescription. Le délai pour un crime concernant un mineur est fixé à 20 ans. Un enquêteur de la section de recherches d’Orléans reste mobilisé sur l’affaire. Pour entendre les témoins qui continuent de se manifester – le dernier en date au printemps – mais surtout pour interroger, à intervalle régulier, le Fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg). « On dispose d’ADN, sans doute du papa et de la maman, et d’autres ADN inconnus », détaille Frédéric Chevallier. Des traces biologiques et cheveux trouvés sur la couverture dans laquelle était enveloppée l’enfant et analysés en 2007. Ces ADN pourraient un jour mener aux meurtriers ou à l’un des membres de leur famille, par recoupement de profils génétiques proches. Si aucune nouvelle analyse n’est d’actualité, les gendarmes restent « à l’affût des techniques les plus modernes », confirme-t-on à la section de recherches d’Orléans. Le logiciel AnaCrim est également mis à contribution dans l’affaire de la petite martyre de l’A 10 pour permettre aux enquêteurs de se repérer parmi plusieurs milliers d’auditions et PV.
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 24/07/2017 10:23  Mis à jour: 24/07/2017 10:23
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 Re : Depuis seize ans, maîtres Didier Seban et Corinne Herrmann se battent pour faire rouvrir des enquêtes dites cold cases. Et trouver enfin les coupables.
LE PARISIEN MAGAZINE. Derrière le cas ultra-médiatique du petit Grégory, des centaines de crimes restent non élucidés. Depuis seize ans, maîtres Didier Seban et Corinne Herrmann se battent pour faire rouvrir des enquêtes dites cold cases. Et trouver enfin les coupables.

Le 6 février 2017 fut une journée historique pour les avocats, Didier Seban, 59 ans, et Corinne Herrmann, 55 ans, et leur client Grégory Dubrulle.
Pour la première fois, un juge d’instruction auditionnait sur des faits survenus quand la victime avait 7 ans. Le 9 juillet 1983, en début de soirée, un homme a enlevé Grégory en bas de son immeuble, à Grenoble (Isère), avant de l’agresser et de le laisser pour mort sur une décharge, à 17 kilomètres de là, en pleine montagne. Un terrible drame dont il porte encore les stigmates. Des cicatrices indélébiles, laissées par le criminel qui lui a fracassé le crâne, que Grégory a tenu à dévoiler à la magistrate Joséphine Scaramozzino, ce 6 février, en se rasant entièrement la tête. « Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? » lui a-t-il simplement demandé. Autrement dit : après la très sommaire enquête menée à l’époque, clôturée par un non-lieu, va-t-on enfin rechercher le coupable ? Va-t-on enfn identifier celui qui s’en est pris aux « disparus de l’Isère », cette dizaine d’enfants volatilisés ou assassinés dans la région entre 1980 et 1996 ?


La juge Scaramozzino, sommée en 2015 par la cour d’appel de mener cette audition refusée pendant des années, a été soufflée par l’intervention de Grégory Dubrulle, selon les avocats, spécialistes des cold cases (littéralement, les « affaires froides », qui n’ont jamais été résolues). « C’était une manière pour lui de se mettre à nu », pense Corinne Herrmann. Pour Didier Seban, cette audition était « nécessaire ». « Quand on a devant soi quelqu’un qui vous raconte un tel crime, avec lequel il vit depuis plus de trente ans, on est ébranlé. On est loin de la justice désincarnée qui traite des dossiers à la chaîne. Ça donne l’envie de trouver », souligne l’avocat.

Soixante énigmes à résoudre



Dans son cabinet du boulevard Saint- Germain, à Paris (7e), le tandem travaille depuis quinze ans sur 60 dossiers semblables à celui de Grégory Dubrulle. Ils concernent quelques survivants comme lui, mais surtout une litanie d’horreurs, de femmes et d’enfants violés, torturés, assassinés ou volatilisés. Outre l’affaire des disparus de l’Isère, Herrmann et Seban cherchent à résoudre notamment les meurtres de la petite Cécile Bloch, fillette de 11 ans violée et étranglée en mai 1986, à Paris, de la lycéenne Karine Leroy, 19 ans, assassinée près de Meaux (Seine-et-Marne), en 1994, ou encore la disparition d’Estelle Mouzin, volatilisée en Seine-et-Marne, en 2003, à l’âge de 9 ans.


Un cortège de damnés accompagne ces fantômes : les membres de leurs familles, taraudés par d’obsédantes questions. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Où ? « Ils se couchent tous les soirs avec leur douleur, raconte Corinne Herrmann. Et ils nous expliquent que, plus le temps passe, plus les faits et la victime leur semblent proches. Quand vous n’avez pas la réponse, vous ne savez pas si vous ne croisez pas tous les jours, sans le savoir, l’auteur des faits. » Certains se suicident, d’autres multiplient les dépressions et les crises d’angoisse. Ces âmes torturées se trouvent face au mur d’un système judiciaire saturé, bureaucratique et manquant cruellement de moyens, donc enclin à enterrer les vieux dossiers. Une erreur, souligne Didier Seban : « Ceux qui ont tué de cette manière continuent sûrement de le faire aujourd’hui. Quand on est lancé sur une telle voie, on ne s’arrête pas en chemin. » Selon lui, les cold cases doivent donc être traités comme des dossiers brûlants.

Un travail de fourmi

La mission du duo d’avocats : sortir ces affaires de l’impasse. Pour cela, il harcèle le système judiciaire jusqu’à ce que tout soit mis en oeuvre pour retrouver les assassins, avec un atout de taille : les progrès de la génétique et de la police scientifique, ainsi que les multiples fichiers créés en deux décennies, qui rendent possible ce que l’on croyait insoluble jusque récemment. La méthode est rodée. D’abord, récupérer, quand elles existent encore, les pièces à conviction – les scellés – oubliées dans la cave d’un palais de justice ou d’un laboratoire. Ensuite, retrouver le dossier lui-même, qui peut avoir été enfoui lui aussi dans un service d’archives. Une fois ces deux premières étapes bouclées, ce qui peut prendre des années, il faut réanalyser l’ensemble, déterminer une stratégie, formuler des demandes judiciaires, en actionnant éventuellement l’arme de la médiatisation, pour relancer l’affaire.


Souriante et volubile, Corinne Herrmann se charge de l’« analyse », dans un bureau aux murs recouverts de tableaux et de cartes routières marquées de points rouges et de photos montrant les lieux des crimes : elle lit toutes les pièces des dossiers une à une, même les plus anodines, et les couvre de Post-it. Le diable se cache dans les détails : une expertise mal faite ou à compléter, un témoin qu’il faudrait interroger à nouveau... Ensuite, l’avocate se rend sur les lieux du crime, parle longuement avec les proches de la victime. Des auditions sont demandées, des expertises sont sollicitées, des rapprochements entre plusieurs affaires sont parfois suggérés...

Aiguillonné par le tandem, le monde judiciaire finit par s’y mettre à son tour. Et, parfois, le miracle se produit. En un peu moins de vingt ans, le duo Herrmann-Seban a permis de retrouver une dizaine de tueurs. Parmi eux, deux personnes impliquées dans l’affaire des « disparues de l’A6 » ont été récemment condamnées. « Quand le système est secoué, il fonctionne bien, explique Me Seban. On rencontre beaucoup de gens de bonne volonté. »

Un duo à l’oeuvre depuis 2001

En novembre 2004, au palais de justice d’Auxerre, Me Seban représentait des familles de victimes du tueur en série Emile Louis dans l’affaire des « disparues de l’Yonne ». (J.-P. Ksiazek)

Parfois regardé avec méfiance, mais souvent respecté, le cabinet Seban est désormais connu. Me Herrmann organise des formations en gendarmerie, plusieurs ministres ont reçu les deux avocats pour des suggestions de réforme portant sur le délai de prescription ou la conservation des scellés, et le tandem est à l’origine de la création de nombreuses associations de familles de victimes. « Ces personnes se sentent moins seules. Elles arrêtent d’attendre que quelque chose se passe et se décident à agir », explique Me Herrmann avec son enthousiasme habituel, qui contraste avec le caractère taciturne de Me Seban.


Il faut dire que ce duo dissemblable s’est formé fortuitement. Après une première carrière en droit des affaires, la juriste entre dans un cabinet d’avocats en 1995 pour se charger du dossier du tueur en série Emile Louis, qui sera condamné, en 2004, dans l’affaire des « disparues de l’Yonne ». Licenciée en 2000, elle rejoint l’année suivante Didier Seban, qui suit également cette affaire – jusque-là, l’avocat se consacrait entièrement à son cabinet d’affaires, qui compte aujourd’hui 70 avocats et 30 employés et annonce 11 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. Dans les cold cases, celui qui a dirigé le syndicat étudiant Unef dans sa jeunesse dit avoir vu « une cause, un combat social », constatant que la justice dédaigne parfois les victimes défavorisées ou d’origine étrangère, qui sont, de ce fait, dans l’incapacité de mettre en mouvement la machine judiciaire. Voilà ce qui a interpellé en premier lieu cet ancien militant communiste. « Le fait divers parle de la société et de ses inégalités », rappelle-t-il.

Restée longtemps dans un rôle de juriste analyste, Corinne Herrmann est devenue avocate en 2010. Aux assises, elle laisse cependant l’essentiel des plaidoiries à son confrère. Aujourd’hui, les dossiers affluent et une troisième avocate vient d’être embauchée pour travailler sur ces dossiers non élucidés.

Enfin vient l’heure du procès



C’est au moment du procès que le tandem voit enfin, pour de vrai, les criminels qu’il traquait jusque-là sur le papier. Ils sont souvent terriblement normaux. Certains tuent à cause d’une faille psychologique ou d’une maladie mentale, d’autres, sur un coup de sang. Devant les juges, Didier Seban les questionne, pour leur faire dévoiler ce qu’ils cachent encore. « Etre dans l’oeil du tueur, c’est ce que je supporte le moins bien. » A ce stade, sa tâche est presque terminée. Un travail dont Me Seban mesure tout le sens lorsqu’il voit les familles des disparus quitter leur statut de victime. « L’issue du combat judiciaire, c’est s’extraire du malheur, oublier la vengeance et redevenir citoyen », estime ce grand avocat des causes jamais tout à fait perdues.

Quatre dossiers relancés par le duo

Le tueur au visage grêlé

En 2016, Seban et Herrmann ont repris le dossier du mystérieux « Grêlé », soupçonné d’avoir tué au moins trois personnes à Paris : Cécile Bloch, 11 ans, en 1986, et deux adultes, un jour d’avril 1987. Il serait aussi un violeur en série. Des recherches d’ADN sont en cours.

Les disparus de l’Isère

Entre 1980 et 1996, une dizaine d’enfants ont disparu ou ont été tués dans la région. Les enquêtes sur les meurtres de deux d’entre eux et sur la tentative d’homicide sur Grégory Dubrulle ont repris en 2008, aboutissant sur des non-lieux. En 2015, le cabinet Seban-Herrmann relance la procédure.

La recherche d’Estelle Mouzin

Le 9 janvier 2003, Estelle Mouzin, 9 ans, disparaît à Guermantes (Seine-et-Marne). Le début d’une enquête longue et infructueuse. Pour les avocats, la piste du tueur en série Michel Fourniret fut trop vite écartée. Des demandes sont lancées pour étayer l’hypothèse.
Les disparues de l’A6

Entre 1984 et 2005, une dizaine de jeunes femmes ont été tuées près de l’autoroute A6, en Saône-et-Loire. Grâce au travail du cabinet de Me Seban, Jean-Pierre Mura a été condamné en juin 2016 à vingt ans de réclusion et Pascal Jardin, en février 2017, à la prison à perpétuité.

http://www.leparisien.fr/magazine/gra ... es-21-07-2017-7144770.php
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 14/04/2017 13:02  Mis à jour: 14/04/2017 13:02
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 Re : Corinne Herrmann : «Les cold case n’existent pas si on décide de ne jamais abandonner» . INTERVIEW...
Spécialisée dans les affaires non élucidées, Me Corinne Herrmann défend la mère de Jonathan Vantillard, tué en 2007 à Auxonne (Côte-d'Or) ...

Propos recueillis par Thibaut Chevillard http://www.20minutes.fr/

Ceux qui ont croisé son chemin le savent. Me Corinne Herrmann ne lâche rien. Sans sa pugnacité, Emile Louis, dont elle défendait les familles des victimes, n’aurait peut-être jamais fini ses jours derrière les barreaux. Cette avocate, spécialisée dans les cold case et les tueurs en série, n’hésite pas à ouvrir des dossiers vieux de plusieurs dizaines d’années pour traquer les criminels restés impunis. Elle défend désormais Florbela Dos Santos, la mère de Jonathan Vantillard, et revient, pour 20 Minutes, sur ce troublant dossier.

Quelles sont les difficultés de ces affaires non élucidées, surnommées les « cold case » ?

Le problème avec ces dossiers, c’est qu’au bout d’un certain nombre d’années, les enquêteurs et les magistrats sont convaincus d’avoir tout fait et pensent qu’il n’y a plus rien à trouver. Avec le temps, ils sont remplacés par d’autres à qui ils transmettent malheureusement cette conviction. Les nouveaux n’ont donc pas toujours la curiosité de se replonger dans les affaires, de relire attentivement les dossiers. Ils n’ont pas toujours l’envie de vérifier les points qui leur sembleraient étranges. Je prends des dossiers qui ont parfois trente ans. En réalité les cold case n’existent pas si on décide de ne jamais abandonner.



Ceux qui ont croisé son chemin le savent. Me Corinne Herrmann ne lâche rien. Sans sa pugnacité, Emile Louis, dont elle défendait les familles des victimes, n’aurait peut-être jamais fini ses jours derrière les barreaux. Cette avocate, spécialisée dans les cold case et les tueurs en série, n’hésite pas à ouvrir des dossiers vieux de plusieurs dizaines d’années pour traquer les criminels restés impunis. Elle défend désormais Florbela Dos Santos, la mère de Jonathan Vantillard, et revient, pour 20 Minutes, sur ce troublant dossier.
Quelle sont les difficultés de ces affaires non élucidées, surnommées les « cold case » ?

Le problème avec ces dossiers, c’est qu’au bout d’un certain nombre d’années, les enquêteurs et les magistrats sont convaincus d’avoir tout fait et pensent qu’il n’y a plus rien à trouver. Avec le temps, ils sont remplacés par d’autres à qui ils transmettent malheureusement cette conviction. Les nouveaux n’ont donc pas toujours la curiosité de se replonger dans les affaires, de relire attentivement les dossiers. Ils n’ont pas toujours l’envie de vérifier les points qui leur sembleraient étranges. Je prends des dossiers qui ont parfois trente ans. En réalité les cold case n’existent pas si on décide de ne jamais abandonner.

Jonathan Vantillard a été tué il y a dix ans. Où en est l’affaire ?

Elle est toujours en cours. Le juge d’instruction a indiqué en 2015, dans un avis qu’il nous a transmis, qu’il ne souhaitait pas poursuivre les investigations. Or, selon nous, tout n’a pas encore été fait pour trouver les auteurs. Plusieurs éléments nous amènent à penser que nous sommes loin d’avoir fait le tour du dossier. Il est toujours possible de réaliser de nouvelles analyses scientifiques, de mener des interrogatoires, de vérifier des emplois du temps, d’exploiter la téléphonie… C’est donc ce que nous avons expliqué à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon qui, en janvier dernier, a suivi nos demandes.

Pensez-vous qu’il est toujours possible de susciter des témoignages qui feraient avancer l’enquête ?

Oui, j’en suis persuadée. Nous avons reçu beaucoup de témoignages suite à la diffusion d’une émission consacrée à l’affaire sur NRJ 12 en octobre 2015. Mais la justice rechigne un peu à traiter ceux qu’on lui a transmis. Tôt ou tard, un élément permettra de faire avancer le dossier. Nous faisons donc tout pour qu’il reste ouvert. Par principe, en matière criminelle, nous considérons qu’il ne faut jamais fermer un dossier, qu’il faut continuer à chercher. Ce n’est pas toujours le cas des juges.
Un homme avait été mis en examen pour homicide volontaire en 2007 dans ce dossier. Depuis, il n’est plus poursuivi que pour non-assistance à personne en danger….

Le juge a considéré qu’en l’état actuel, il n’était possible de retenir contre lui que cette qualification-là. Lui et une autre personne devaient comparaître devant le tribunal correctionnel en décembre 2016. Nous avons demandé le report de l’audience car des expertises génétiques étaient en cours et nous souhaitions en connaître le résultat avant qu’ils soient jugés. Elles auraient pu mettre en cause leur responsabilité au-delà de ce qui avait été retenu. Ils seront jugés à la rentrée 2017. Mais l’instruction n’étant pas achevée, d’autres éléments les impliquant peuvent toujours être découverts.

Depuis le début, l’affaire a été marquée par plusieurs ratés….


Le 14 avril 2007, tandis que Jonathan est amené par les secours aux urgences, les gendarmes délimitent la scène de crime avec du ruban. Puis ils s’en vont, sans la protéger davantage. Les techniciens en identification criminelle de la gendarmerie arrivent plusieurs heures plus tard. Entre-temps, les lieux ont été nettoyés à l’eau de javel par une personne qui avait peut-être intérêt à le faire. Mais nous n’avons pas réussi à le démontrer à ce jour.

Une juge d’instruction, chargée un temps de cette affaire, a été sanctionnée par sa hiérarchie et a été mutée à Troyes. Que s’est-il passé ?

Au départ, une rumeur circulait, disant que Jonathan s’était peut-être blessé tout seul en tombant dans les escaliers. Or, nous avions la certitude qu’il avait été victime d’une agression. Nous avons donc demandé une expertise supplémentaire. Mais deux ans plus tard, l’expert n’avait toujours pas commencé à travailler, malgré nos relances répétées. La juge devait pourtant s’assurer que cette expertise soit réalisée dans un laps de temps normal, car les enquêteurs attendaient les résultats pour reprendre leurs investigations sur le terrain. On a perdu beaucoup de temps. Au final, l’expert n’a jamais rendu son rapport. Quant à la juge,elle a été sanctionnée par le Conseil supérieur de la magistrature en novembre 2010.
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Walda Colette Dubuisson
Posté le: 03/09/2016 15:43  Mis à jour: 03/09/2016 15:43
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 Re : Les "cold cases" de Corinne Herrmann...
FEMMES DU MONDE - Chaque semaine, Karen Lajon, grand reporter au service Etranger du JDD, revient sur le parcours de femmes exceptionnelles ou peu ordinaires à Paris et dans le monde. Cette semaine, elle a rencontré Corinne Herrmann, avocate spécialisée dans les "cold cases", ces douloureuses affaires non élucidées.

Image redimensionnée


L'arme de Corinne Hermann: ses yeux. Bordés de khôl noir. A l’ancienne, comme dans les années un peu hippies. Qu’elle n’est pas du tout, cette passionnée de peinture. Des yeux pénétrants qui ne se dérobent jamais, qui ne vous transpercent pas non plus. Mais qui vous livrent le fond de son âme. Par touche, toute petite touche. "Je ne me fais jamais raconter une scène de crime. J’ai besoin de ce premier regard. Parce que c’est celui que l’on porte sur la victime et sur l’histoire qu’il vous raconte". Pas de dérobade, jamais, chez cette femme de 54 ans qui a embrassé le métier de juriste puis d’avocate un peu par hasard. Mais qui depuis "ne lâche jamais". Emile Louis (Les Disparues de l’Yonne) en a été pour ses frais. Sans cette "bonne femme" en travers de sa route, il aurait sans doute coulé des jours tranquilles sans jamais être inquiété par la justice. "D’une certaine façon, on peut dire qu’il m’aura gâché la vie, dit-elle, en riant. J’ai senti qu’il fallait que je m’intéresse à ce dossier sinon personne ne le ferait. Personne n’y croyait. Un mécanisme de promesses aux familles des victimes s’est mis en place, en quelque sorte, et ce mécanisme m’a happé".

A 54 ans, cela fait plus de vingt ans que l'avocate criminologue, avec l'aide de son complice Me Didier Seban, s'échine à creuser là où plus personne ne veut plus le faire. Un tueur en série, des "cold cases", la hantise d'un magistrat, le cauchemar d'un enquêteur, un os à ronger pour le tandem Herrmann/Seban, une lueur d'espoir pour les familles de victimes. Personne n'aime revenir sur ces cas enterrés dans les oubliettes de la petite histoire criminelle. Pas de moyens, pas d'argent, pas de personnel, le "cold case" relève au mieux du boulet juridique, au pire de la foire aux fantasmes. Qu'importe, lorsque Corinne Herrmann s'est lancée, elle n'a plus lâché.

La création et la folie
Corinne est née à Pointe-Noire, au Congo Brazaville. "Un hasard. Mes parents étaient là-bas, à cette époque. Mon grand-père avait fait 45 ans d’Afrique en travaillant pour la SNCF. Mon père et ma mère ont tout naturellement suivi". Une maman coiffeuse et un papa qui, croit-elle, travaillait dans le bois précieux. Mais tout çà est très loin. Parce que la famille revient très vite en France. En Alsace. Fac de droit et Arts déco en parallèle. La peinture est son autre passion. "Celle qui conduit à la folie". On ne peut s’empêcher de sursauter et de relever. "La folie! Mais vous côtoyez des gens qui en sont proche!". Grands éclats de rire. Corinne Hermann est une femme joyeuse, généreuse dans son rapport avec les autres. "La peinture demande beaucoup d’énergie. A une époque, j’ai eu le sentiment qu’elle m’entraînerait dans les abîmes".

Droit, peinture et maladie
Alors, ce sera le droit des affaires, même pas le pénal! "Un de mes profs m’avait dit, ce n’est pas là-dedans que vous gagnerez votre vie". Et Paris. Une horreur pour cette Alsacienne. "A Strasbourg, on est transfrontalier, on passe d’un pays à l’autre, voit des gens de pays différents, j’ai été élevée dans l’esprit de l’Europe et de son ouverture, alors quand j’ai débarqué dans la capitale, ce n’est plus l’impression que j’avais, j’ai eu un choc, j’ai trouvé les gens fermés, Paris était presque une ville de province". Un comble. En 1988, elle achève ses études, une Maîtrise du Droit des affaires, en poche. Juste, un an avant la chute du Mur de Berlin. "Ce qui avait un sens très fort chez nous parce que la frontière était à côté de la fac". La jeune femme ne se fixe pas, passe de boulot en boulot, et un DESS réseaux de distribution en guise de bagages, elle devient chargée de développement d'un réseau de magasins de linge de maison en franchise, puis dans l'alimentaire.

En 1992, elle tombe malade. Deux longues années. Sa passion de toujours la rattrape. Elle peint, expose et vend. "Mais la création, c’est l’incertitude permanente". L’abîme l’a prend par surprise, le pinceau devient souffrance, les couleurs, ces couleurs qu’elles aiment tant, la trahissent, l’aveuglent. Chômage puis un oncle la sauve. Après tout, elle est juriste, Pierre Gonzalez de Gaspard la prend dans son cabinet. A la marge. Mais quand même. Un gros dossier l’attend. Le premier d’une longue liste. Mais pas le premier de ces crimes horribles sur lesquels elle va se pencher plus tard. "C’était un cas de divorce. Je suis sans doute naïve mais j’ai été effarée que deux personnes qui s’étaient aimées autant puissent se 'désaimer' avec autant de haine". L’avocate Corinne Herrmann est en marche. Avec son arme, ses yeux, elle trouve la faille. Les conclusions envers la femme sont fausses. "Alors qu’elle apparaissait comme la grande méchante, j’ai pris une claque, j’ai compris que cela valait le coup de défendre les gens".

Tueurs en série
La deuxième onde de choc justice explose sur les bancs de la cour d’assises. Francis Heaulme en personne. Le tueur en série surnommé le "routard du crime", reconnu coupable de neuf meurtres dans au moins huit affaires. "Je me suis sentie immédiatement en décalage, je ne le voyais pas comme les autres. Tout le monde ricanait, se moquait un peu de lui, persuadé qu’il était demeuré. Je l’ai perçu comme un prédateur, j’ai découvert son regard (encore des yeux) et j’ai tout de suite compris à quel niveau de la chaîne alimentaire on pouvait se situer. Je sentais Heaulme couler dans mon dos en audience". Ce sera le déclic, une sorte de ciel blafard, une lumière blanche de celle qui se lève le jour des condamnés, de celle qui désigne la mort ou la vie. "J’ai décidé que je voulais comprendre, c’est quoi ce mec, ce truc, c’est quoi ces gens qui passent à l’acte". Il y aura aussi Pierre Chanal, ce grand échalat macabre soupçonné dêtre le tueur de Mourmelon et qui se suicidera la veille de son procès. Etait-il coupable? La réponse fuse. "Sans le moindre doute".

Le tournant. Les disparues de l’Yonne. Celles que les yeux ne voient pas. Corinne veut traverser les ténèbres, sortir en pleine lumière. Elle devient celle qui résout les "cold cases". Un peu comme Lili Rush, la série américaine. C'est le poil à gratter des procureurs. "Cold cases", tueurs en série, tout ce dont la justice a horreur. Qu'importe. Corinne Herrmann redonnera vie aux disparues. Enfin presque. Que cache Emile Louis, ce petit homme aux cheveux blancs, malin comme un singe? C’est là, où la presse intervient, Corinne Hermann ne s'en cache pas. "Je pense très sérieusement que les journalistes, parfois, sauvent des vies. Lorsque le premier article est sorti sur Emile Louis, il a cessé de tripoter sa belle-fille. Et même si parfois cela déclenche des réactions paroxysmiques chez certains tueurs, aucun "cold case" n’a pu être réouvert sans le coup de pouce de la presse. Je joue toujours le jeu avec la justice et c’est toujours non dès qu’il s’agit de reprendre un dossier. Il suffit d’un article, et c’est oui. La presse est un vrai contre-pouvoir et même s’il y a des dérives, elle permet aux familles des victimes de reprendre leur capacité à maîtriser leur histoire".

La scène de crime, tout part de là. Il n’y a que ça qui compte. Corinne Herrmann ne se la fait jamais raconter. "Même à plat, je la vois en trois dimensions, c’est ce qui va amener à la perception de ce qui s’est passé. Au fond je me sers de mon côté créatif et le droit n’est qu’un support. Prenez une forêt, il y a vingt ans. Un crime a été commis. Je n’en vois pas la photo, je me rends sur place. A priori, rien n’a bougé, ce sont les mêmes dénivelés, les mêmes arbres et puis les yeux, mes yeux se posent, se déposent et c’est le déclic. Je vois". Comme le criminel qu’elle croisera peut-être par la suite. Lui aussi a des images dans la tête, celle de l’endroit où il a commis son forfait. Sauf qu’il ne sera plus seul, Corinne aussi perçera ce qu’il a vu. Les couleurs viennent après. Dans son bureau bien encombré du boulevard St Germain, à Paris, les codes couleurs font partis du décor. "Le vert c’est pour le criminel. Jamais de rouge, je ne peux pas l’utiliser parce que sur une photocopie, on ne voit rien".

"J'ai une passion pour la vérité"

Inutile de dire que Corinne Herrmann ne rapporte rien au cabinet Sedan. Et pour cause. Les familles ne déboursent pas un centime. Parfois, même pas un café. "Il y a 67 avocats au cabinet qui financent mon secteur. Soyons clair, je ne suis pas rentable mais là n'est pas la question". Névrosée Corinne Hermann? "Non, je ne crois pas. Je ne fais pas de cauchemars sur les tueurs ou les victimes. Il existe une sorte de sas naturel qui se met en place et me protège. Et puis, le secret professionnel m'oblige à ne pas divulguer certains détails qui peuvent vous hanter une vie entière".

En revanche, Corinne confesse un rapport névrotique à la vérité et au suspense. "Et ça c’est très fatigant. En fait, j’ai une passion pour la vérité. Trouver un criminel n’est pas difficile, réactiver la justice, voilà ce qui est compliqué". En 2010, elle est devenue avocate à part entière. Elle peut plaider. Sa robe noire est accrochée au porte-manteau mais on la voit à peine. Non, ce sont les livres qui sautent aux yeux derrière la vitre de la bibliothèque. Des ouvrages "spécial tueurs en série". Une littérature de choix, somme toute. Aux murs de son bureau, des cartes de France avec des prénoms de disparues tristement célèbres : Estelle Mouzin, Christelle Maillery et bien d’autres encore. Des flèches, des lieux que les yeux de Corinne Herrmann suivent chaque jour un peu. Afin de ne jamais oublier.

Un Tueur peut en cacher un autre de Corinne Herrmann, Editions Stock.

«La presse est un vrai contre-pouvoir et même s’il y a des dérives, elle permet aux familles des victimes de reprendre leur capacité à maîtriser leur histoire»

http://www.lejdd.fr/Societe/Les-cold- ... e-Corinne-Herrmann-806776
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