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Procès de Willy Bardon : la volte-face du “frère de lait” fragilise l'accusation

Posté: Walda Colette Dubuisson  Posté le: 04/12/2019 13:33:18

Alors qu'il avait formellement reconnu pendant sa garde-à-vue la voix de Willy Bardon sur l'appel au Codis, son "frère de lait" Romuald J. a affirmé mardi matin qu'il le croyait innocent.

"Avec le recul, on peut se tromper." Les mots de Romuald sont lourds de sens. A plusieurs reprises, il a assuré aux gendarmes et à la juge d’instruction qu’il reconnaissait la voix de Willy Bardon sur la bande Codis.

Mais ce matin, à la barre, le pompier professionnel âgé de 41 ans est moins formel. Selon lui, les questions des enquêteurs étaient orientées sur Willy Bardon avant l'écoute.

Et quand la présidente Martine Brancourt lui demande s’il a "un doute aujourd'hui sur monsieur Bardon", la volte-face est spectaculaire : "non, il m'a assuré en prison que ce n'était pas lui et je le crois".

L’avocat général, Anne-Laure Sandretto, a pourtant du mal à croire aux pressions subies. Si elle avait pu tancer le directeur d’enquête au sujet des méthodes parfois contestables des gendarmes, elle ne voit rien de problématique concernant Romuald.

Mais pour en avoir le cœur net, Mme Sandretto demande et obtient le visionnage de l’enregistrement d’une audition de la garde-à-vue du 16 janvier 2013.

Sur l’écran, il est ému et concentré, quand il découvre pour la première fois les cris d’Elodie Kulik. "Ça fout les boules", dit-il au gendarme. Puis, il sort du champ de la caméra pour une seconde écoute au casque. Puis une troisième. "C’est bon, c’est bon, c’est bon. Je pense que c’est Bardon Willy. A 98%".

On voit ensuite une seconde vidéo : la confrontation entre les deux hommes. Un moment particulièrement tragique. Romuald n’est pas n’importe qui. C’est le « frère de lait » de Bardon. Techniquement, il est son neveu, mais ils n’ont que quatre ans d’écart et ont été élevés ensemble dans une grande famille recomposée.

Les deux "frangins" sont assis côté-à côte, menottes aux poignets, en larmes :
"C’est toi, dit Romuald
- Non, c’est pas moi, assure un Bardon visiblement assommé.
- Si tu sais quelque chose, il faut avouer."

Willy Bardon n’avouera jamais.

Romuald confirme ses certitudes dans un reportage de télévision et lors de plusieurs conversations téléphoniques, dont une avec Christelle, la compagne de Bardon à l’époque. Un échange diffusé en audience qui touche l’accusé. Il pleure.

Devant le jury, Romuald ne lâche rien. Les gendarmes lui ont retourné la tête pour qu'il accuse son frère. "Ça interpelle quand même, remarque la présidente Martine Brancourt. Comment garder une position aussi longtemps et après, faire un virage à 90° (sic) ? " Pas de réponse du témoin.

Soudain, il se tourne vers Jacky Kulik. "Je suis franc monsieur, on ne rigole pas avec des choses comme ça". La remarque n’a pas l’effet escompté.
"Vous êtes le deuxième pompier qu'on entend. Saviez-vous que ma fille voulait être pompier ?, lui demande le père de la victime.
- Non, répond Romuald.
- Je ne voudrais pas qu'elle le soit."

Le témoin se frotte les mains nerveusement. Comme cette audition aux Assises, les dernières années ont été difficiles à vivre, "ça bouffe la famille". Justement, des proches l’auraient-ils poussé à changer de point de vue sur Willy Bardon ? Une assesseure, malicieusement, lui demande s’il côtoie encore son frère. C’est le cas. "Vous avez dit avoir été influencé par les gendarmes. Vous êtes quelqu’un d’influençable ? – Un petit peu."

A ce moment du procès, il n’est pas aisé de se faire une idée. Le témoignage de Romuald favorisera-t-il plutôt l'accusation ou la défense ?

Plutôt la défense. Les avocats de Willy Bardon font diffuser l'enregistrement sonore du passage de Romuald lors de la reconnaissance vocale organisée par Norbert Pheulpin. Le travail de cet expert judiciaire, aujourd'hui décédé, a été remis en question par des spécialistes durant le procès. Et on comprend pourquoi.

M. Pheulpin n'arrête pas de parler. Surprenant pour un scientifique. Et ce qu'il dit est proprement hallucinant. Pour présenter à Romuald ce qu'il appelle un line-up, il dit :
"Il s'agit de bribes de phrases comportant des éléments de voix que vous connaissez... en l'occurence Willy Bardon." Il répète à plusieurs reprises être convaincu que la voix de l'appel au Codis et celle de l'accusé sont les mêmes. Ce qui pousse un Romuald hésitant à acquiescer. Plus orienté, tu meurs...

La voix sur la bande Codis était le pivot de l'accusation. Nous avons appris avec des experts que la reconnaissance automatique était impossible dans le cas qui nous intéresse. Nous avons découvert que la reconnaissance par des proches était biaisée. La plaidoirie à venir du talentueux Me Seban semble désormais la seule chance pour la partie civile d'emporter l'intime conviction des jurés.

Jour 9 - la voix de Bardon encore reconnue par deux témoins à la barre

On attendait beaucoup des témoignages de Ludovic C. et Denis N.

Ces deux hommes entendus lundi après-midi par la cour, font partie de ceux qui ont reconnu la voix de Willy Bardon sur l’appel aux pompiers d’Elodie Kulik.

Finalement, leurs témoignages n’ont pas dissipé les doutes sur la culpabilité de Willy Bardon. L’image donnée de l’accusé est toujours assez détestable, mais ils tendent à confirmer le parti pris des enquêteurs contre lui tout au long des investigations.

Ludovic C. avait travaillé pour Grégory Wiart entre 2001 et 2002, mais l’expérience avait tourné court : "je le connaissais comme mauvais payeur". Willy Bardon est apparu dans sa vie quelques temps après, à travers ce loisir omniprésent dans le procès : le 4x4.
"J'ai reconnu sa voix, mais je n'accuse pas"
"Il venait chez moi, je venais chez lui". Bref, il le rentrait dans la catégorie des "copains" et comme il dit à la cour avec certitude : "quand les copains m’appellent, je les reconnais directement". Alors forcément, lors de sa garde-à-vue en janvier 2013, il identifie "la voix de Willy".

"J'ai reconnu sa voix, c'est pour ça que je suis là. Mais moi je n'accuse pas". Soit.

Avant l’écoute de l’appel au Codis, Ludovic avait déjà lâché aux gendarmes le nom de Bardon, comme possible complice de Grégory Wiart. La raison ? Un incident, dont il avait été témoin deux-trois ans plus tôt et qui "a fait tilt" comme il dit, après la médiatisation de l’implication de Grégory Wiart.

Ce jour-là, les deux hommes se retrouvent devant l’automate d’une pompe à essence à Thourotte (60) qui avait (malheur !) une voix féminine. La carte bancaire de Willy Bardon est avalée par la machine. Celui-ci, énervé, aurait dit : "rends-moi ça vieille putain ! De toute façon je te violer, tuer, brûler !".

"C’était des conneries, minimise l’accusé.
- En disant ça, vous vous identifiez au meurtrier !", lui répond Didier Seban, avocat de la partie civile.

"Celle-là on va la violer, la tuer, la brûler", des menaces qu’il aurait proférées en d’autres occasions, quand il avait bu et sous le coup de la colère, selon la déposition de Ludovic lors de sa garde-à-vue :

"Vous l’avez entendu ?, demande Me Seban.
- C’est déjà arrivé", confirme le témoin à la barre.
Une audition en partie non filmée
Pour l’avocat général, Anne-Laure Sandretto, comme pour la défense, cette audition du 16 janvier 2013 pose problème. Pas sur le fond. Sur la forme. Le nom de Bardon a-t-il été suggéré à Ludovic ? Il assure que non, que "les gendarmes ont fait leur travail. Ils étaient assez durs, mais sans plus, corrects". Dont acte.

Le problème, c’est que le procès-verbal indique qu’elle s’est terminée à 23h55. Or, la vidéo se termine à 23h35. L’écoute de l’appel aux pompiers n’a pas été filmée. Interrogé sur ce nouveau raté (cf. la vidéo sans son de l’audition de Bardon), le gendarme en charge de l’audition ne sait quoi répondre :

"La seule explication, c’est que je suis sorti de la salle et qu'à ce moment le directeur d’enquête a demandé de faire écouter la bande à toutes les personnes en garde-à-vue", tente d’expliquer le Major Eric M.

Mais pourquoi ne pas remettre en marche la caméra lors de l'écoute ? "Un oubli"…
Dénoncer Bardon pour se disculper ?
Le témoignage de Denis N. ressemble beaucoup à celui de Ludovic.

Lui aussi a dû faire face au mauvais payeur Grégory Wiart à l'été 2003 : comme il ne rendait pas l'argent qu'il devait "je l'ai attrapé au café, je l'ai un peu secoué et je l'ai emmené à la banque". Et puis, lui aussi est convaincu que l’une des voix masculines sous les cris d’Elodie est bien celle de Bardon.

En revanche, Denis N. a été un temps suspecté par les gendarmes. Même Ségolène Attolou, avocat général, en a le sentiment après visionnage des vidéos des auditions.

Ne dénonce-t-il pas Willy Bardon pour sauver sa tête ? Il assure que non.

Autre « spécificité » du témoin, il avait déjà été entendu par les gendarmes en 2002. Comme le remarque Gabriel Dumenil, défenseur de l’accusé, il n’avait alors pas évoqué Willy Bardon à l’inverse des interrogatoires de 2013…

Me Dumenil poursuit en dévoilant que les PV des nombreuses auditions de Denis N. ne retranscrivent pas fidèlement les enregistrements vidéo. Et parvient habilement à faire reconnaître au témoin que les enquêteurs l’orientaient vers Willy Bardon.

Une chose est sûre, ni Ludovic C., ni Denis N. ne nous vraiment orienté vers la manifestation de la vérité.

https://france3-regions.francetvinfo.f ... iere-semaine-1756527.html
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