|Bienvenu(e) Visiteur|
block control Home  •  SOS-Infos  •  Recherche  •  Les Photos non rsolues block control

 Connexion

 Qui est en ligne
18 Personne(s) en ligne (17 Personne(s) connectée(s) sur Les nouvelles)

Utilisateurs: 0
Invités: 18

plus...

 Les nouvelles quotidiennes du suivi des dossiers publiés sur le site...
Meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich : : revivez le neuvième jour du procès de Francis Heaulme. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 15/12/2018 12:33
Le père de la petite martyre de l'A10 restera en prison. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 15/12/2018 11:29
"Jeu et défis dangereux ":un jeune écrasé par un utilitaire lors d'un défi dangereux, le "keke challenge". Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 14/12/2018 15:57
Meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Le 8° jour du procès de Francis Heaulme consacrée à deux protagonistes majeurs de cette affaire: Henri Leclaire et Jean-François Abgrall. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 14/12/2018 15:28
Petite martyre de l'A 10 :l'enquête accablerait la mère... Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 13/12/2018 18:12
Un animal n’est pas un cadeau de Noël !!! 13/12/2018 Le cadeau de Noël ne sera pas animal cette année en Allemagne. Interdit!!! Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 13/12/2018 15:09
L'attente d'un père. Cela fait un an que Léa Petitgas a disparu. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 13/12/2018 12:34
Meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Deux témoins affirment avoir vu Francis Heaulme en sang le soir des meurtres. Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 13/12/2018 12:27
Meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. 11/12/2018 : Direct. Procès Heaulme: " Il ne sortira pas de prison, ça sert à rien"..... Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 11/12/2018 15:59
L'inquiétant profil de Nordahl Lelandais ; «Je ne différenciais pas une femme d'une enfant» !!! Les nouvelles Walda Colette Dubuisson 11/12/2018 15:17

L'inquiétant profil de Nordahl Lelandais : "une âme damnée".

Posté: Walda Colette Dubuisson  Posté le: 29/09/2018 15:35:33

Les échecs ont marqué la vie de Nordahl Lelandais. Sa perversité l'a conduit jusqu'au crime de Maëlys.
Dans la nuit du 24 septembre dernier, une reconstitution du meurtre de la petite Maëlys de Araujo par Nordahl Lelandais a été organisée par la justice à Pont-de-Beauvoisin (Isère). Au cours de celle-ci, Lelandais a livré une énième version, reconnaissant avoir porté plusieurs coups à la fillette et non une seule giffle comme il le prétendait alors. Plus d'un an après, de nombreuses zones d'ombre demeurent sur les circonstances du crime. Mais aussi sur la personnalité, le parcours et les motivations du meurtrier présumé. Enquête de Thibaut Solano.

Episode 1 - Où l'on se rend à Pont-de-Beauvoisin, dans l'Isère, pour tenter de cerner la personnalité de Nordahl Lelandais, grâce aux témoignages d'amis et d'habitants de la ville.
Didier et Cécile Noyer ne prononcent jamais son nom. Ils disent "l'autre" pour ne pas avoir à nommer Nordahl Lelandais. Celui qui est mis en examen pour l'assassinat de leur fils Arthur, 23 ans, après une soirée en boîte de nuit à Chambéry, dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. Pourtant l'ombre du tueur présumé hante la salle municipale impersonnelle au carrelage froid, à Lyon, où les deux parents sont venus exprimer leur douleur devant une assemblée d'une quarantaine de personnes. De temps en temps, la voix du père se brise sous le coup de l'émotion, mais il se reprend aussitôt, combatif, "en mode guerrier", comme il dit. "Il ne faut pas donner à "l'autre" une victoire en se recroquevillant sur nous-mêmes."

Face à eux, ce jeudi 20 septembre, de part et d'autre d'une table rectangulaire, une quinzaine de familles ont pris place, invitées par l'association Assistance et recherche de personnes disparues. Chacune d'entre elles a perdu un fils, une soeur, un frère, un compagnon dans la région Rhône-Alpes. Du jour au lendemain, sans explication. Longtemps, leurs recherches sont restées vaines et leurs combats anonymes.

Désormais, ils s'interrogent. Et si Lelandais était l'homme qui a tué leur proche? Car les enquêteurs sont allés de découverte en découverte depuis qu'il a reconnu un coup mortel sur Maëlys de Araujo, puis ceux qui ont tué Arthur Noyer. Sa double vie, son goût pour les images pédophiles, le film d'une agression sexuelle d'une enfant retrouvé sur son portable. Et la question se pose. Cet individu secret tairait-il d'autres crimes oubliés ?

Un gars taiseux, emmuré

L'énigme Lelandais se noue à Pont-de-Beauvoisin. Ma première visite dans cette petite ville, à la frontière de l'Isère et de la Savoie, remonte au mois de janvier dernier, sous un triste ciel d'hiver neigeux. Devant la salle des fêtes, un petit mémorial a poussé dans un virage. C'est ici que Maëlys, 8 ans, a disparu pour toujours dans la nuit du 26 au 27 août 2017. Des bougies, des peluches et des mots écrits comme des prières s'accumulent autour de la photo de la fillette brune au regard vif. De temps en temps, une voiture s'arrête. Un grand type, cheveux noirs et mine grave, vient se recueillir, les mains à l'abri au fond de ses poches. "Dans la vie, il y a le bien et le mal, me glisse cet homme qui se dit musulman pratiquant. Mais il y a des gens qui choisiront toujours le mal... C'est comme ça, on ne peut rien y faire."

Je trouve refuge au café central de Pont-de-Beauvoisin, Le Rendez-vous. Les habitués jettent un oeil blasé à la télévision branchée en permanence sur BFMTV. Au comptoir, je croise Aïssa, un petit homme affable d'une soixantaine d'années. Un bon client : pour l'établissement comme pour les journalistes, parce qu'il trouve toujours une histoire à raconter. "Ah oui, j'ai connu Nordahl, commence-t-il. Il était à l'école primaire avec mon fils. Vous savez, c'était un gars taiseux, emmuré." Il y a à boire et à manger dans ce qu'Aïssa rapporte, des choses qu'il sait, d'autres qu'il a lues dans les journaux. Au menu : une salle de sport que Lelandais aurait saccagée. Des trafics de drogue. Un frangin à la réputation de "type bizarre". Et ces disparitions mystérieuses dans la région auxquelles "l'emmuré" pourrait être lié. "Mon cousin, Ahmed Hamadou, a disparu près d'ici en 2012, s'inquiète Aïssa... C'est peut-être un coup de Lelandais "

Je passe d'un café à l'autre à la recherche de témoins plus jeunes, plus proches de l'âge de Lelandais. Devant ce qui fait office de pub, l'Apéro Kub, niché sur une petite place, deux clients d'une trentaine d'années bravent les flocons de neige pour finir leur cigarette. Nordahl ? Bien sûr qu'ils connaissent. Parce qu'ici "c'est petit" et que "tout le monde se connaît plus ou moins". La serveuse, elle, se souvient d'un "péteux qui frimait sur sa moto" quelques années auparavant, un "beau gosse musclé", conscient de ses attraits physiques. L'un des clients lève les yeux au ciel : "Les médias exagèrent." La drogue ? "Un peu de shit, rien de grave." L'alcool ? "Il prenait un demi au bar et alors ?" Quant à son frère, sa réputation tiendrait du délit de sale gueule "parce qu'il boîte depuis toujours". Plus tard, l'ancien entraîneur d'une salle de sport dédouanera aussi Lelandais d'un quelconque vandalisme : "Au maximum, il jetait des haltères au sol brutalement après les avoir soulevées. Il avait dû voir ça à la télé."

Un " mytho" qui faisait du "tuning"
Tout de même, l'un des deux trentenaires de l'ApéroKub précise : "Nordahl ne faisait pas partie d'une bande. Il se greffait, il squattait." Un instable, en somme. Une autre de ses connaissances, croisée dans la ville, ajoute plus tard : "Il s'inventait une vie." Oh, pas grand-chose. "Il disait qu'il partait dans le Sud et, finalement, on le croisait les jours suivants à Pont-de-Beauvoisin." Dans le CV qu'il fournit aux agences d'intérim, et que les enquêteurs ont consulté, il mentionne des jobs aux quatre coins du monde, où il n'a probablement jamais mis les pieds. Lelandais ? "Un mytho de petite envergure qui faisait du tuning avec sa bagnole", résume un "acteur du dossier". Ce même me raconte qu'après la première garde à vue de Lelandais, le 31 août 2017, quatre jours après la disparition de Maëlys, un copain est venu le chercher en voiture pour l'emmener dîner et lui changer les idées. Dans l'appartement où ils ont mangé un morceau avec d'autres amis, le récit du fait divers tournait en boucle à la télé. Lelandais n'a rien dit : pas une parole d'émotion, pas un commentaire, pas une explication sur sa garde à vue. Pas le moindre trouble sur son visage. Malgré cette indifférence glaçante, des semaines après le meurtre, certains amis de jeunesse, s'exprimant sur les réseaux sociaux, lui accordaient encore le bénéfice du doute.

disparition de la petite fille. AFP PHOTO/PHILIPPE DESMAZES
Un mois et demi après ma première visite, le 14 février 2018, Lelandais craque. Les gendarmes ont isolé une trace de sang de la fillette dans son Audi A 3. Impossible de nier l'évidence de cette preuve. L'ancien militaire reconnaît avoir tuée la petite fille "par accident". Elle criait dans sa voiture. Il l'aurait frappée. Ses amis se sentent trahis. Arrivent la haine, l'envie de vengeance. Le soir de ses aveux, son ami David, qui le connaissait depuis seize ans, enrage dans un message posté sur Facebook : "Comment as-tu pu faire ça à une enfant ? J'espère une chose, c'est que l'on te fasse souffrir autant que cette pauvre petite ainsi que toute sa famille. Comment est-ce que j'ai pu être ami avec un monstre comme toi ?"

Un mot revient, celui de "dissonance"
Je retourne à Pont-de-Beauvoisin en mai. La ville tente de panser ses plaies. Maëlys va être enterrée, après l'autopsie des restes de son corps. Le maire, Michel Serrano, accepte de me recevoir. Non, il n'avait jamais entendu parler de Lelandais avant l'affaire. Plusieurs de ses administrés ont frappé à la porte de sa mairie, ces derniers mois, réclamant d'exercer eux-mêmes une justice expéditive : "Il ne veut pas avouer, on peut se charger de le faire parler ! Qu'on nous le confie !"

Le jour de la disparition de la petite fille, l'édile se remémore "avoir passé une tête" au vin d'honneur du mariage. Le lendemain matin, à 7 heures, alors qu'il enfourche son vélo pour une balade dominicale, un coup de téléphone le fige sur place. Au bout du fil, l'une des invitées de la cérémonie : "Venez vite, monsieur le maire, un enfant a disparu."

Lors de notre rencontre, le mot qui revient spontanément dans sa bouche, c'est "dissonance". Entre l'atmosphère du mariage et l'horreur du lendemain. Entre la chaleur de la fête, les petits qui jouent, et les gendarmes qui déboulent pour quadriller le secteur. Entre les habitants qui courent dans tous les sens à la recherche de la gamine. "L'air qui s'électrise". Et lui, le maire dépourvu, qui cherche ses mots, face aux parents de Maëlys, "livides, tétanisés". Lorsqu'il regarde les photos du vin d'honneur publiées dans la presse, où Lelandais apparaît en bermuda, hilare au milieu des convives, Michel Serrano se répète le même mot : "dissonance".

En sortant de son bureau, je retourne à l'Apéro Kub. Le patron me reconnaît et se livre un peu. Il me raconte un épisode qui remonte à l'année 2009. Ce jour-là, Nordahl Lelandais s'adonne à l'une de ses occupations favorites, la pêche, avec son ami David, sur les bords du Guiers. Cette rivière qui traverse Pont-de-Beauvoisin plonge dans les gorges de Chailles, au milieu de la végétation épaisse et des pentes abruptes. Dans ce décor reculé, une découverte sordide attend les deux jeunes hommes : un squelette. C'est celui d'un homme disparu quatre ans plus tôt.

Depuis la mort de Maëlys, les rumeurs déforment à l'envi l'histoire. Certes, personne ne prétend que ce malheureux serait la première victime de Lelandais. Il s'agirait d'un décès accidentel d'un prétendu "voleur". Mais on imagine que Nordahl s'est souvenu de l'endroit pour cacher le corps de Maëlys. C'est faux. Les ossements de la fillette ont été retrouvés dans la montagne, au mont Grêle. Mais à Pont-de-Beauvoisin, l'inquiétude monte. Et si Nordahl était aussi à l'origine de tel ou tel autre meurtre inexpliqué, disparition subite, de l'une de ces "cold cases", affaires oubliées faute d'explication ?

Episode 2 - Où l'on s'interroge sur les choix et les échecs qui ont marqué l'enfance et le passage à l'âge adulte de Nordhal Lelandais.
Poser des questions sur la construction de la personnalité de Lelandais, c'est se heurter à beaucoup de portes fermées. Épuisés par les allers-venues des caméras, glacés par les rebondissements de l'affaire, rares sont ceux qui acceptent de témoigner. Quelques bribes de son parcours personnel émergent cependant des récits des amis, connaissances ou voisins. Lelandais n'habitait pas à Pont, mais à Domessin (Savoie), un village distant de six kilomètres. Ses parents, employés du secteur médical, ont quitté la région parisienne pour la Savoie en 1990.

Après l'école primaire, il étudie au collège du bourg de Saint-Genix, en Isère, où le conseiller d'éducation, à qui je téléphone, se souvient de sa mère, mais peu de lui. Puis Lelandais intègre la section sport-études au collège du Châtelard en Savoie, à une heure de Domessin. On y accepte les élèves en difficulté, à qui l'on apprend l'escalade, le ski ou la spéléo. Lelandais n'y passe qu'une année. Il échoue ensuite dans un collège privé à Pont-de-Beauvoisin. Son directeur me décrit un élève "dans une mauvaise dynamique", ni turbulent ni agressif, mais qui "créait une ambiance négative pour la classe". Le chef d'établissement convoque une fois son père, persuadé qu'il l'aidera à le recadrer. Au lieu de cela, Jean-Pierre Lelandais menace d'inscrire son fils ailleurs et le défend avec vigueur : "C'est vous qui vous y prenez mal !" Soutenu par ses parents, le garçon tente un CAP carrosserie mais abandonne avant la fin.

Les loisirs de l'adolescent Lelandais ressemblent à ceux des autres gosses du coin. A Pont, les endroits où sortir tard se comptent sur les doigts d'une main. Avec ses 3 500 habitants, son centre-ville en déclin et sa population vieillissante, la commune ne peut tabler que sur les clubs de sport pour retenir sa jeunesse. Nordahl tape le ballon sur la pelouse et, à la nuit tombée, décapsule ses bières à côté du terrain de tennis.

Résistance mentale
A 18 ans, sans le bac, il décide de vivre de sa passion pour les chiens. Il prend le large et rejoint l'armée au 132e bataillon cynophile de Suippes (Marne). Un soir, il s'enferme dans sa chambre pour fumer un joint. "Il s'est assoupi et le joint a commencé à brûler le matelas", se souvient son ancien commandant, Alain Gausse. Le gradé avait demandé son renvoi au bout de six mois, en vain. "C'était la fin de la conscription. On n'était qu'au début de la professionnalisation. On manquait de personnel." Lelandais reste, mais "il ne faisait pas le poids, selon Gausse. C'était un type fuyant et plutôt isolé."

Le jeune Savoyard n'effectuera que deux missions extérieures en Guyane, cantonné au gardiennage quand les meilleurs éléments partent sur des terrains de conflit exercer des missions plus variées. Son amour des animaux ne saute pas aux yeux : "Si son chien n'obéissait pas, il le prenait au collier et le suspendait jusqu'à ce qu'il s'étrangle, se remémore Alain Gausse. Quelqu'un avait dû lui montrer ça : c'était vraiment un dressage à l'ancienne." L'armée sera donc un nouvel échec pour Lelandais, dont le contrat n'est pas reconduit. "Il a au moins appris ce qui lui a servi aux interrogatoires, lance le commandant : la résistance mentale." Comme une prémonition.

Nono, le pique-assiette
De retour en 2005, Lelandais aurait changé. "Il était mal dans sa peau", me confie une mère de famille qui l'a vu grandir. "Nono", comme on le surnomme, commence à travailler par intérim et file un mauvais coton. Avec deux compères, il incendie un snack à Paladru, en 2008. Il venait de se faire virer. David, l'un de ses meilleurs amis, le met en garde contre ces mauvaises fréquentations, mais, "comme d'habitude, Nordahl n'en a fait qu'à sa tête", poursuit la mère de famille. Condamné à un an de prison, il purge sa peine sous bracelet électronique. On le surnomme désormais "Nono le barjo".

Au début des années 2010, Lelandais emménage au troisième étage d'un immeuble de Chambéry avec sa petite amie. Il propose sans succès des cours de dressage de chiens à domicile. Des commerçants de sa rue refusent de placarder ses affichettes commerciales, et ses voisins le prennent vite en grippe. "Il laissait ses clébards dehors sur le balcon avec leurs déjections, m'explique l'un d'entre eux. Il était sale et agressif. Il a fallu que le propriétaire vende l'appartement pour le faire partir."

Ce n'est pas sa petite entreprise, fermée au bout d'un an, qui fait vivre Lelandais, mais le soutien financier de ses parents. Il fait un peu d'intérim, notamment dans une usine de sirop. Progressivement, le jeune homme se marginalise et s'éloigne de ses copains d'adolescence. Devenus trentenaires, la plupart d'entre eux s'installent en ménage, fondent des familles et évitent de plus en plus "ce pique-assiette avec un poil dans la main qui sonne à l'impromptu sur les coups de 19 heures pour se faire inviter à dîner".

A Pont-de-Beauvoisin, "Nono" se fait plus rare. Parfois, il disparaît un mois durant, sans donner de nouvelles à ses amis. Il traîne du côté de Chambéry, avec une autre bande à laquelle il s'est collé. C'est aussi là qu'il va commettre le premier de ses crimes connu à ce jour.

Episode 3 - Où l'on découvre, dans la vie intime de Nordahl Lelandais, conquêtes féminines, masculines et images pédophiles.
Dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, quatre mois avant le meurtre de Maëlys de Araujo, Arthur Noyer disparaît. Ce caporal de 23 ans est alors intégré au 13e bataillon de chasseurs alpins, à Barby, près de Chambéry. On le décrit comme un militaire prometteur, sain de corps et d'esprit, bon camarade. C'est un mardi et son régiment sort en boîte, au Carré Curial, en plein centre de la ville, place forte des noctambules, où cinq établissements se partagent la clientèle. Le week-end, 3 000 personnes se croisent, mais, en ce début de semaine, ils sont moins de 200. La faible affluence n'empêche pas le jeune homme et ses collègues de faire la fête. Parce qu'il est de garde le lendemain, il décide de rentrer seul, avant les autres. Sa trace se perd vers 4 heures du matin près du centre-ville, où il est filmé une dernière fois par une caméra de vidéosurveillance.

Assis à la terrasse de son royaume nocturne, Philippe, l'un des patrons du Carré Curial, me décrit "l'atmosphère étrange" qui s'installe dès l'annonce de la disparition du militaire. Ses parents venus placarder leurs avis de recherche quelques jours plus tard. "Ils avaient l'air perdu. Il m'a semblé, en voyant le visage de la mère, qu'elle avait déjà compris..." Dans le monde de la nuit, où l'on aime se raconter des histoires, des supputations effrayantes circulent : "On a parlé de mafieux, de trafic d'organes, explique Philippe. Un jeune homme en pleine santé qui disparaît, ça stimule l'imagination..."

Beaucoup plus prosaïques, les enquêteurs de Chambéry recherchent une Audi grise, repérée sur les images de la vidéosurveillance prises dans la nuit de sa disparition. Il faudra attendre plusieurs mois pour qu'un rapprochement s'établisse avec le véhicule qui a emporté la petite Maëlys, lui aussi filmé par une caméra. Une même Audi, un seul conducteur : Lelandais, qui était un client occasionnel du Carré Curial. Les indices sont accablants. Lelandais craque et avoue le meurtre d'Arthur Noyer, le 29 mars 2018. Deux homicides à quatre mois d'intervalle, donc. Que s'est-il passé en 2017 pour que Lelandais "mytho de petite envergure" se change en criminel ?

Une passion qui tourne mal
Cette année-là, à l'âge de 34 ans, il est en arrêt maladie pour une double hernie discale. Il revient vivre chez ses parents, dont il ne s'est jamais trop longtemps éloigné. Comme un retour à la case départ. A l'été, peu avant le meurtre de Maëlys, l'une de ses ex-petites amies, Céline, porte plainte pour mise en danger de la vie d'autrui, après une rupture difficile. Son avocat, Me Roland Gallo, me reçoit dans son bureau, près de la gare de Grenoble, pour me parler de la relation qu'elle a entretenue avec Lelandais.

Céline fait la connaissance de l'ancien militaire au cours de l'année 2015, par le biais d'un site de rencontres. Leur passion commune pour les chiens transforme leur premier rendez-vous en un quasi-coup de foudre. "Elle était proche de la quarantaine. Lelandais lui parlait d'avenir, de fonder une famille, me rapporte son avocat. Tout ce qu'elle désirait entendre." Las, leur romance s'engage mal. Une première fois, Céline est avertie par téléphone des infidélités de son petit ami. Elle le quitte, mais, toujours amoureuse, renoue peu après. A la suite d'autres infidélités, toujours révélées au téléphone, Céline rompt pour de bon. "Ma cliente a ensuite croisé Lelandais en forêt, où elle promenait ses chiens, poursuit Me Gallo. Puis en allant à la banque. Il l'a menacée en public." Selon la version de la jeune femme, Lelandais tentera aussi de percuter volontairement son véhicule, en juillet 2017.

A la gendarmerie, lorsqu'elle va déposer sa plainte, elle tombe sur Lelandais qui l'a devancée pour l'accuser des mêmes faits. Le parquet de Chambéry assure que la plainte de Céline est toujours "en cours".

Céline n'est pas la seule avec laquelle Lelandais entretient des relations amoureuses houleuses. A ce sujet, les témoignages cités dans son dossier judiciaire sont éloquents. Plusieurs de ses anciennes amies rapportent un comportement inquiétant au moment de la rupture, comme s'il ne supportait pas d'être quitté. L'une d'entre elles se souvenant qu'il a menacé de la "balancer du haut d'une falaise". D'autres déclarations féminines sont plus nuancées. A l'exemple de celui d'Adeline, sa première longue relation, qui s'est exprimée sur TF1, un mois avant qu'il ne passe aux aveux. Il était "doux et compréhensif [...]. C'était quelqu'un qui me faisait rire. C'était une belle personne", a-t-elle décrit. "Il a pu terrifier certaines de ses copines et en mystifier d'autres, tempère une source proche de l'enquête. Ça correspond à son caractère manipulateur."

Sans avoir à beaucoup chercher, je trouve facilement sur Internet des images de sa vie intime. Lelandais filmait ses ébats avec son téléphone portable, avant de les partager sur un célèbre site porno, sans prévenir certaines de ses partenaires.

Son ex-petite amie Céline a encore déposé une plainte contre lui pour "violation de la vie privée". Lelandais mettait en ligne ses courts films sous le pseudonyme Tyron 973. Tyron comme l'un de ses deux chiens, 973 comme l'immatriculation de la Guyane.

Lire la suite ->
https://www.lexpress.fr/actualite/soci ... e-ame-damnee_2036959.html
Déposer un commentaire
Règles des commentaires*
Tous les commentaires doivent être approuvés par un Administrateur
Titre*
Nom*
Courriel*
Site internet*
Icône de message*
       
Message*
Adresse du lien Courriel Images Dans les images Émoticône Flash Youtube Code source Citation

Gras Italique Souligné Barré  À gauche Centre À droite  


Cliquez sur Prévisualiser pour voir le contenu en action.
Options*
 
 
 
Code de Confirmation*
5 - 0 = ?  
Entrez le résultat de l'expression
Maximum de tentatives que vous pouvez essayer : 10