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La maman d'Amandine : «Depuis le 18 juin 2013, je regarde les gens vivre mais moi je ne vis plus»...

Posté: Walda Colette Dubuisson  Posté le: 23/10/2018 16:28:54

Monique Sire est en colère. La maman d’Amandine Estrabaud, cette Castraise de 30 ans disparue depuis le 18 juin 2013, a très mal vécu la demande, fin août, de Me Simon Cohen de « démise en examen » de son client Guerric Jehanno mis en examen pour « enlèvement, séquestration, viol et meurtre », et écroué depuis avril 2016 dans cette affaire. Et la décision vendredi de la chambre d’instruction de maintenir en détention, après une énième demande de remise en liberté, ce maçon d’une trentaine d’années, qui clame son innocence malgré un faisceau d’« indices graves et concordants », a poussé Monique Sire à réagir.

Pour vous, la culpabilité de Guerric Jehanno ne fait aucun doute ?

Aucun doute. Contrairement à ce que dit son avocat qui parle d’erreur judiciaire, il n’est pas en prison par hasard parce qu’il faudrait soi-disant un coupable. Pour nous, mon ex-mari et moi, on n’est pas dupe. Si la chambre d’instruction le maintient en prison c’est qu’il y a suffisamment de charges. Je vais à pratiquement toutes les audiences publiques de demande de remise en liberté devant la chambre d’instruction et j’ai vu et entendu des choses mensongères. J’ai envie de rétablir les choses.


Quelles choses ?

La stratégie de défense nous est insupportable. Quand son avocat dit qu’elle a pu partir de son propre chef et qu’Amandine est peut-être en vie, c’est horrible. C’est révoltant. C’est atroce. Comment on peut dire ça ? Ils n’y croient pas eux-mêmes. C’est honteux. La maison d’Amandine était ouverte et il y avait des traces de lutte à l’extérieur. Dire aussi que ma fille aurait dit à un proche qu’il ne la reverrait plus, c’est faux, c’est du vent. Comment on peut tenir des propos mensongers devant les parents ? C’est inhumain.

Cela ne fait pas de Guerric Jehanno un coupable ?

Je sais qu’il n’y a pas d’aveu. Mais sans qu’on lui reproche quoi que ce soit, avant même qu’il soit arrêté, il est allé dire à sa mère qu’il n’était pas un assassin. Il s’est inquiété auprès de sa mère que l’on puisse retrouver du sang en précisant que c’était du sang de truite alors que sa mère a dit elle-même que cela faisait très longtemps qu’il n’était pas allé à la pêche. Et il y a aussi les confidences à ses codétenus. Il a même dessiné un plan de sa main sur lequel il a écrit Amandine pour indiquer où il l’avait enterrée.

Son avocat estime que ces confidences sont soumises à caution…

De son propre aveu, il n’a subi aucune pression pour les faire. Au contraire, il était en confiance avec ces codétenus, il avait besoin de se soulager. Il a répété la même chose à quatre codétenus différents qui n’ont eu aucun traitement de faveur contrairement à ce que peut dire son avocat. Pourquoi, si on est innocent, avouer à 4 codétenus avoir tué et violé Amandine ? Et il donne des détails que l’on ne peut pas inventer. Et les codétenus ont tous confirmé devant le juge, même lors des confrontations. Et ils ont affirmé qu’ils viendraient le dire aux Assises.

Mais les fouilles n’ont rien donné malgré ce plan ?

Après le déplacement sur les lieux, il avait indiqué à sa mère que les enquêteurs pouvaient continuer à fouiller à l’endroit qu’il avait indiqué et qu’ils ne retrouveraient rien. Il mène les enquêteurs en bateau ! Le plan est trop imprécis et trop vague. La zone à fouiller est trop vaste et la végétation a énormément repoussé en 5 ans.

Son avocat estime que le témoignage de ses collègues avec qui il était sur un chantier à proximité de la maison d’Amandine prouve qu’il n’a pas pu commettre ce crime ?

Cela aussi c’est faux. Ces collègues ne disent pas qu’il n’est pas parti, ils disent qu’ils ne se souviennent pas. Parce qu’ils ont été entendus longtemps après les faits. Le vrai problème, c’est d’ailleurs le temps. Les fouilles ont eu lieu longtemps après. Comme les analyses ADN. Son véhicule a été revendu et refait entre-temps. Toutes les choses ont été faites en décalage, on le comprend par rapport à l’enquête, mais cela nous porte préjudice.

Quelle attitude a Guerric Jehanno vis-à-vis de vous lors des audiences ?

On ne le quitte pas des yeux alors que lui est fuyant. Il ne nous regarde pas. Pour nous c’est très dur à chaque fois ces audiences, c’est une épreuve. Mais il faut que vous sachiez que lui en revanche n’est pas à toutes les audiences. Il demande à sortir et il ne se déplace même pas ! Si j’étais innocente, j’irais à ces audiences de demande de remise en liberté. Je voudrais être face à la famille en disant « regardez-moi ce n’est pas moi ! ». Mais non. Et il a attendu 8 mois avant de faire sa première demande de remise en liberté !

Qu’attendez-vous aujourd’hui ?

Déjà qu’on retrouve ma fille pour pouvoir faire le deuil de notre enfant et faire ce qu’il faut pour elle. Avoir un endroit pour se recueillir. Perdre un enfant c’est atroce, mais dans cette situation, de ne pas l’avoir avec nous, c’est horrible au quotidien. Et il faut que justice soit faite. Je veux qu’il fasse le maximum de prison. Qu’on reconnaisse enfin sa culpabilité. Pour la mémoire de ma fille. Sinon elle est morte pour rien. Cela serait comme si on l’avait tué deux fois. On ne pourra pas retrouver une quelconque tranquillité tant qu’il y aura des gens qui doutent. Je ne vis qu’à moitié aujourd’hui. On y pense toute la journée. Depuis le 18 juin 2013, je regarde les gens vivre mais moi je ne vis plus. Heureusement que j’ai mon fils, je m’accroche pour lui.



Plus de 5 ans d’enquête et encore des questions
Amandine Estrabaud a disparu le 18 juin 2013. Ce jour-là, elle a quitté son travail d’assistante d’éducation vers 13 h au lycée Anne-Veaute à Castres pour rentrer vers sa nouvelle maison où elle était en train d’emménager, située au-dessus du village de Roquecourbe, à Cantegaline. Elle serait partie vers chez elle en auto-stop. Mais depuis son départ du lycée, plus aucune nouvelle de cette jeune femme âgée alors de 30 ans. C’est sa mère, Monique Sire, qui va signaler la disparition. Inquiète de ne pas avoir de nouvelles de sa fille, elle va aller à son domicile le lendemain et découvrir la porte ouverte, une ballerine et une boucle d’oreille abandonnées dans l’allée. Une énorme enquête de gendarmerie est conduite depuis ce jour-là mais on n’a toujours pas retrouvé la trace d’Amandine. 250 personnes ont été interrogées, 53 profils de suspects potentiels ont été dégagés dont 18 personnes ont fait l’objet d’investigations très approfondies. Jusqu’à ce que les enquêteurs tombent sur le profil de Guerric Jehanno, âgé aujourd’hui de 30 ans. Placé une première fois en garde à vue en juin 2014, ce jeune homme sera de nouveau arrêté en avril 2016 et mis en examen pour « enlèvement et séquestration » et écroué. C’est la maman de ce dernier qui aurait signalé aux gendarmes le récit étrange de son fils qui aurait vu un homme portant un sac dans la forêt alors qu’il rentrait de la pêche.

Cet ancien maçon, originaire de Roquecourbe et qui connaissait Amandine de longue date, comme tous les jeunes du village de la même génération, nie en bloc toute implication dans la disparition de la jeune femme. Mais la justice a, pour l’instant, retenu à son encontre un faisceau d’indices graves et concordants. Son maintien en détention a été confirmé à de multiples reprises par des juges différents. Les juges d’instruction ont même décidé d’élargir les motifs de mise en examen à « meurtre et viol » à l’issue de leur premier interrogatoire en juin 2017.

Guerre d’avocats
Les enquêteurs ont d’abord établi que le jour de la disparition, Guerric Jehanno travaillait sur un chantier non loin de la maison d’Amandine et que, dans le courant de l’après-midi, il aurait pu se déplacer au volant d’un fourgon le temps de séchage d’une dalle de béton. Un voisin de la disparue a témoigné avoir vu un fourgon se garer devant chez elle et un homme portant un pantalon de chantier avec des bandes réfléchissantes en descendre. L’enquête a aussi établi que Guerric Jehanno aurait avoué avoir eu le « béguin » pour cette jolie jeune femme qu’il connaissait depuis l’enfance. Et il aurait su qu’elle venait de rompre avec son compagnon et aurait fait des recherches sur Internet pour connaître l’adresse de la maison qu’elle venait de faire construire avec son ex-fiancé où elle avait décidé d’emménager après la rupture le temps de la vendre. Description physique et vestimentaire, présence d’un véhicule correspondant à celui utilisé par Guerric Jehanno qui travaillait sur un chantier à proximité, son changement de comportement après la disparition, les confidences à des codétenus… autant d’éléments qui font du jeune homme le principal suspect même si le corps d’Amandine n’a pas été retrouvé malgré de nombreuses fouilles. Me Pierre Debuisson, l’avocat de la famille d’Amandine, estime pourtant « qu’il ne fait aucun doute que Guerric Jehanno sera renvoyé devant les Assises et qu’il sera condamné ».

Mais pour Me Simon Cohen, l’avocat de Jehanno, « il n’y a pas l’ombre de l’ombre d’un micro-élément » contre son client dans ce dossier alors que « tout a été passé au peigne fin ». « Il n’existe aucun élément matériel, ni témoignage crédible, ni mobile. C’est un montage organisé qui a pour seul objet de permettre de résoudre une énigme », affirme-t-il, estimant que la libération de Guerric Jehanno serait « pour le bien commun » car « il est innocent et que cela permettrait de rechercher l’éventuel coupable ». Fin août, l’avocat toulousain a demandé la « démise en examen » de son client. Il se base notamment sur les auditions des collègues et du patron de Guerric Jehanno de l’époque par le juge d’instruction en juin dernier. Leurs témoignages, pourtant déjà recueillis par les gendarmes en 2014, prouveraient, selon Me Cohen, que son client n’a pas quitté le chantier sur lequel il était avec ses collègues pour se rendre au domicile de la victime. En tout cas, qu’il n’aurait pas eu le temps de commettre le crime dont il est suspecté. Me Cohen estime même qu’il n’y a « rien qui permet d’affirmer qu’Amandine Estrabaud a été victime d’une ou plusieurs infractions ». « À ce jour, je ne peux pas dire qu’elle est décédée ni qu’elle n’est pas décédée », affirme-t-il.


BRIAN MENDIBURE https://www.ladepeche.fr
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