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Julie et Mélissa, 20 ans après: "On n'a jamais arrêté de chercher car on estimait que la justice n'en faisait pas assez dit J D Lejeune …

Posté: Walda Colette Dubuisson  Posté le: 01/06/2015 10:51:49

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Luc Gochel : http://www.lameuse.be
De ce funeste 24 juin 1995, jour de la disparition, jusqu’à la fin de la commission Dutroux, en avril 1997, courageusement, Jean-Denis Lejeune est le seul des quatre parents à prendre encore la parole pour rappeler ce qui s’est passé à l’époque. Pour ne pas qu’on oublie…

>>> Jean-Denis Lejeune, est-ce que vous vous souvenez de ce fameux jour de la disparition de votre fille, le samedi 24 juin 1995 ?
« Si je m’en souviens… C’est comme si c’était hier. Je suis rentré à 18h du tennis et j’ai vu un post-it de Louisa sur le frigo : ‘Je suis chez Carine : on ne retrouve pas Julie’. J’ai foncé chez eux. Et, pendant que Carine et Louisa téléphonaient à toutes les amies des petites, Gino et moi on fouillait tous les bas-côtés et les champs le long du chemin qu’elles devaient emprunter. Je me souviens que j’étais encore en short de tennis, que j’étais sans cesse piqué par des orties et que je ne ressentais rien. »

>>> Qu’étaient en train de faire Julie et Mélissa lorsqu’elles ont été enlevées ?
« Julie passait l’après-midi chez Mélissa. Et à 17 heures, elles avaient demandé à Carine pour aller faire coucou aux voitures, sur le pont de l’autoroute, à 500 mètres de là. Je sais que maintenant, on ne les laisserait sans doute plus faire. Mais à l’époque, c’était tout à fait normal. Elles ont fait 200 mètres, puis ont été enlevées sur le chemin de Fexhe. »

>>> Durant les 14 mois que va durer leur disparition, jamais vous n’avez douté qu’elles étaient encore vivantes ?

« Non ! On y a toujours cru ! On s’est posé des questions bien sûr, mais c’était aussi pour nous une forme de protection. Et surtout un moyen de tenir l’enquête en éveil et de ne pas lâcher la pression. Car quand on cherche des corps, on est moins pressé que pour des personnes encore en vie. »

>>> Qu’avez-vous fait durant ces 14 mois ?
« On n’a jamais arrêté de chercher nous-même car on estimait que la justice n’en faisait pas assez. Avec nos moyens, on s’occupait des mannes de courrier qui arrivaient à la maison, on répondait au téléphone, on s’occupait des affiches et on enquêtait aussi nous-mêmes. On a même vérifié les informations de 500 médiums ou radiesthésistes. Et pas un ne nous a donné un bon élément. Malheureusement, tous ont campé sur leurs positions et ont raconté leur vérité. »

>>> Pourtant, la commission a mis au jour toutes les erreurs de l’enquête et a proposé des sanctions ?
" Oui, tout ce qu’on avait toujours dénoncé s’est avéré vrai. Quant aux sanctions, personne n’a été sanctionné et tous les protagonistes ont été promus ! »


"Je n'ai plus su reprendre les cours à la rentrée de 1996", nous explique leur ancienne institutrice
Par Luc Gochel

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Chantal Cucci est âgée de 63 ans aujourd’hui. Et l’institutrice qu’elle était n’a rien oublié bien sûr des deux petites élèves de sa classe de troisième, disparues une semaine avant les vacances d’été. Une histoire qui a changé le cours de sa carrière.
« C’était deux petites filles joyeuses, insouciantes. Elles étaient toujours assises côte à côte sur le même banc. Elles allaient jouer l’une chez l’autre, elles faisaient de la danse ensemble… »

Durant la dernière semaine de cours, en juin 1995, l’école de Mons-Crotteux a été le théâtre d’un va-et-vient continu d’enquêteurs et de journalistes. « Ce fut très difficile à vivre pour un village où il ne se passait jamais rien. Je me souviens qu’on a tous été interrogé, qu’on a fouillé toute l’école. On n’avait aucune idée d’où elles pouvaient être. »
Leurs frères étaient à l’école

Puis vinrent les vacances où Chantal Cucci, italienne comme Gino, se mit au service des parents pour accueillir les journalistes italiens. Et une année entière de cours « où il a fallu vivre tous les jours en classe avec un banc vide. Et avec les parents Russo et Lejeune qui avaient encore chacun un fils à l’école et qu’on voyait tous les jours venir rechercher leur dernier enfant. »

En classe, la plupart des élèves étaient trop jeunes et ont repris rapidement leurs jeux. « Mais certaines mamans sont venues me dire que leur enfant faisait des cauchemars la nuit et ils ont été aidés par la cellule psychologique de l’école. »
Professeurs et parents d’élèves ont également participé à des recherches dans les carrières voisines. L’école a organisé des soupers pour financer des campagnes d’affichage. Mais après quelques mois, on n’y croyait plus. « Je me souviens avoir été trouver le directeur pour lui demander si je devais réinscrire Julie et Mélissa pour l’année suivante, et il m’a répondu que non. »


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