Scandale en Irlande: des restes de bébés découverts dans une maison autrefois gérée par l’Église.

Date 04-03-2017 | Sujet : Meurtres décès suspects

04/03/2017 : Des restes de nourrissons en nombre important ont été découverts dans le système d'évacuation des eaux usées d'un bâtiment autrefois géré par l'Eglise catholique dans l'ouest de l'Irlande, a déclaré vendredi le gouvernement irlandais.
Katherine Zappone, ministre irlandaise de l'Enfance et de la Jeunesse, a qualifié cette découverte de "triste et troublante", ajoutant que la commission allait discuter avec les autorités locales des suites de l'enquête et de la prise en charge de ces restes humains.

Des restes des 796 enfants morts à l’orphelinat irlandais de Tuam ont été identifiés

Cette découverte s'inscrit dans le cadre d'une enquête lancée en 2014 pour vérifier les affirmations d'un historien du comté de Galway selon lequel la maison, où les archives montrent que près de 800 enfants sont morts entre 1925 et 1961, abriterait un cimetière clandestin.

La commission d'enquête gouvernementale a confirmé la "découverte de quantités importantes de restes humains dans au moins 17 des 20 chambres souterraines qui ont été examinées". Elle ne donne aucun chiffre.

Katherine Zappone, ministre irlandaise de l'Enfance et de la Jeunesse, a qualifié cette découverte de "triste et troublante", ajoutant que la commission allait discuter avec les autorités locales des suites de l'enquête et de la prise en charge de ces restes humains.
L'historienne en avait conclu que les bébés, dont la plupart sont morts de malnutrition et de maladies infectieuses comme la tuberculose selon les archives du foyer, avaient été enterrés dans une fosse sur place et privés de sépulture chrétienne.


La structure où les restes ont été découverts semblait être "reliée au système de traitement et de confinement des égouts et/ou des eaux usées" et côtoyait une fosse septique.

Des foetus âgés de 35 semaines jusqu'à des enfants de trois ans ont été enterrés entre 1925 et 1961, montre la datation par le carbone 14. A cette époque, la maison était gérée par la congrégation des soeurs du Bon Secours.



L'Eglise catholique irlandaise, autrefois toute puissante, a été ébranlée par de nombreux scandales d'abus ou de négligence envers les enfants. Pendant tout le XXe siècle, elle gérait de nombreux services sociaux, dont les "mother-and-baby homes" où des dizaines de milliers de femmes enceintes non mariées, y compris des victimes de viol, étaient envoyées pour accoucher.

Ces mères célibataires et leurs enfants étaient considérés comme une tache à la réputation de ce pays très pieux. Elles constituaient également un problème pour beaucoup de pères, en particulier les figures puissantes comme les prêtres ou les hommes riches et mariés.

Dans les années 1930, 1940 et 1950, le taux de mortalité de ces enfants était plus de cinq fois plus élevé que celui des enfants nés de parents mariés.

Des restes des 796 enfants morts à l’orphelinat irlandais de Tuam ont été identifiés


L’analyse ADN des prélèvements effectués a confirmé qu’il s’agissait bien d’enfants « âgés de 35 semaines d’âge fœtal à 2 ou 3 ans » morts dans les années 1950. La commission d’enquête avait été créée par le gouvernement à la suite du scandale provoqué par les découvertes de Mme Corless. La presse évoquait alors un « holocauste irlandais ». Une enquête stratigraphique menée sur place en 2015 avait repéré des anomalies de terrain et conduit, en 2016 et au début de 2017, à des excavations suivies d’analyses.

Venant après le scandale des prêtres pédophiles, celui des « filles perdues » contraintes de travailler dans des blanchisseries pour expier leurs péchés (voir le film The Magdalene Sisters, de Peter Mullan, 2001) ou obligées d’abandonner leur enfant (Philomena, de Stephen Frears, 2013), la tragédie des enfants de Tuam a profondément ébranlé la société irlandaise et contribué à remettre en question la toute-puissance de l’Eglise catholique.

Catherine Corless, elle, est restée fidèle à son obsession : en finir avec un sinistre secret et rendre leur identité aux petites victimes du Bon Secours en militant pour qu’un jour leurs noms et leurs dates de naissance et de mort soient inscrits sur une sépulture.

Source Reuters




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